L’identification historique des victimes de guerre
Au cours de la Première et de la Seconde Guerre mondiale ainsi que de la guerre de Corée, près de 28 000 membres de l’Armée de terre, de la Force aérienne et de la Marine du Canada sont disparus sans que leur dépouille ait été inhumée dans une sépulture connue ou entretenue. Chaque année, les restes de certains de ces militaires sont retrouvés à divers endroits dans le monde. Poursuivant la tradition des unités responsables de l’enregistrement des tombes, la section de l’identification historique des pertes a comme objectif d’identifier les restes récemment découverts de militaires portés disparus en service actif.
Pour identifier les restes humains de membres du personnel inconnus, on combine des techniques d’analyse historique, anthropologique et biologique, que l’on applique toutes ou en partie d’une façon unique à chaque cas. La majorité des membres des Forces canadiennes ont été portés disparus pendant les combats de la Première Guerre mondiale – en particulier dans le Nord-Est de la France. Les restes humains de soldats de tous les camps, ainsi que des éléments d’uniforme, des armes, de l’équipement et d’autres débris, sont fréquemment retrouvés au cours de travaux de construction ou d’agriculture et d’opérations de récupération. Certains des débris, comme des boutons d’uniforme propres à une unité, fournissent les premiers indices d’identification; ils permettent de limiter le nombre de candidats à celui des membres d’un régiment particulier ou de l’équipage d’un aéronef donné qui ont été portés disparus. On peut souvent réduire encore davantage la liste des candidats en procédant à une recherche historique à l’aide des journaux de guerre et des dossiers du personnel.
Bien que les preuves historiques soient parfois assez solides pour permettre d’identifier un ensemble de restes humains, on s’efforce aussi de trouver des preuves biologiques. L’anthropologie physique, ou l’analyse du squelette, peut fournir un profil physique du (des) militaire(s) inconnu(s), lequel peut aider à réduire encore plus le nombre de candidats possibles en fonction de la dentition, de la taille, de l’âge et des blessures subies. Des tests biologiques, comme la comparaison du profil de l’ADN mitochondrial du soldat/de l’aviateur inconnu avec ceux des descendants des candidats, sont souvent utilisés, étant donné que c’est un moyen très fiable d’éliminer certains candidats tout en en identifiant d’autres directement.
Chaque cas présente ses propres défis, et l’utilisation de nouvelles technologies ainsi qu’un meilleur accès aux documents historiques permettront sans aucun doute d’accroître la précision des recherches et la capacité d’identifier les soldats et aviateurs canadiens inconnus.
La section de l’identification historique des pertes étudie présentement plus de 40 cas.

