Croix de Victoria - Seconde Guerre mondiale, 1939-1945

David Vivian Currie

David Vivian Currie

David Vivian Currie naît à Sutherland, en Saskatchewan, le 8 juillet 1912. Avant la Seconde Guerre mondiale, il est membre d’une unité de la milice basée à Moose Jaw, en Saskatchewan. Durant la campagne en France qui suit le débarquement de Normandie, le 6 juin 1944, le Major Currie sert dans le 29e Régiment de reconnaissance blindé (The South Alberta Regiment).

Le Major Currie a obtenu la Croix de Victoria pour les faits d'armes accomplis le 18 août 1944 en vue de capturer et de tenir le village de Saint-Lambert-sur-Dives, durant la bataille visant à bloquer la voie d’évasion d'importantes forces allemandes isolées dans la poche de Falaise. À la tête d’une petite formation composée de chars, de soldats d’infanterie et de canons antichars, mais sans l’appui de l’artillerie de campagne, il organise une attaque du village et réussit à s’emparer d’une position située à mi-chemin à l’intérieur de l’agglomération et à la renforcer. Pendant 36 heures, les hommes du Major Currie contrecarrent à plusieurs reprises les tentatives de l’infanterie et des chars allemands pour se frayer un passage dans le village en contre-attaquant les Canadiens. Finalement, le Major Currie et ses hommes reprennent l’attaque et chassent l’ennemi de Saint-Lambert-sur-Dives, confirmant ainsi la prise du village. Les hommes du Major Currie causent la perte de 800 soldats allemands et font 2 100 prisonniers.

Le Major Currie s'éteint à Ottawa, en Ontario, le 24 juin 1986.

Citation

En Normandie, le 18 août 1944, le Major Currie commande une petite force mixte, composée de chars d'assaut, de canons antichars automoteurs et de troupes d'infanterie, à qui on a ordonné de couper une des principales voies d'évasion de la poche de Falaise.

Cette force est retenue par une solide résistance ennemie dans le village de Saint-Lambert-sur-Dives, et deux de ses chars sont démolis par des canons de 88 mm. À la tombée du jour, seul et à pied, le Major Currie entre immédiatement dans le village en passant par les avant-postes ennemis, pour faire une reconnaissance des défenses allemandes et dégager les équipages des chars en détresse. Il réussit l'opération malgré un lourd tir de mortier.

Tôt le lendemain matin, sans avoir effectué auparavant un bombardement d'artillerie, le Major Currie dirige personnellement une attaque sur le village malgré une opposition féroce menée par les chars, les canons et l'infanterie des forces ennemies. À midi, il a réussi à saisir et à consolider une position à mi-chemin à l'intérieur du village.

Au cours des 36 heures qui suivent, les Allemands contre-attaquent la force canadienne à maintes reprises, mais le Major Currie a si habilement organisé sa position défensive que ces attaques sont repoussées, occasionnant de graves pertes chez l'ennemi, après de violents combats.

Le 20 août, au crépuscule, les Allemands tentent un assaut final contre les positions canadiennes, mais la troupe assaillante est mise en déroute avant même de pouvoir être déployée. Sept chars ennemis, 12 canons de 88 mm et 40 véhicules sont détruits, 300 Allemands sont tués, 500 blessés et 2 100 faits prisonniers. Ensuite, le Major Currie ordonne rapidement une attaque et achève la capture du village, obstruant ainsi la voie d'évasion Chambois-Trun aux forces restantes des deux armées allemandes isolées dans la poche de Falaise.

Pendant toutes ces journées et ces nuits de combat féroce, le courage et le mépris du danger dont le Major Currie fait preuve servent d'exemple magnifique à tous les hommes de la troupe qu'il commande.

À une occasion, il dirige personnellement le feu de son char de commandement sur un char Tiger qui harcèle sa position et il réussit à le démolir. Au cours d'une autre attaque, pendant que les canons de son char de commandement s'attaquent à d'autres cibles plus éloignées, il se sert d'une carabine pour se débarrasser de tireurs isolés qui ont réussi à s'approcher à moins de 50 verges de son quartier général. La seule fois où des renforts parviennent à se rendre jusqu'à ses forces, c’est lui qui fait avancer les 40 hommes vers leurs positions et leur explique l'importance de leur tâche dans le cadre de la défense. Lorsque, pendant l'attaque suivante, ces nouveaux renforts reculent sous le feu nourri de l'ennemi, il les regroupe lui-même et les met de nouveau en position où, inspirés par ses qualités de chef, ils résistent jusqu'à la fin de la bataille. Sa façon d'employer l'artillerie, qui devient disponible après le début de son attaque originale, est typique de son calme calcul des risques dans n'importe quelle situation. À un moment donné, malgré le fait que des cartouches courtes tombent à moins de 15 verges de son propre char, il ordonne à l'artillerie moyenne de continuer à faire feu en raison de son effet dévastateur sur l'ennemi dans sa zone immédiate.

Durant toutes les opérations, les troupes du Major Currie subissent un grand nombre de pertes de vies humaines. Cependant, il n'envisage jamais la possibilité d'échouer et ne permet jamais qu'elle effleure ses hommes. D'après l'un de ses sous-officiers, « nous étions conscients qu'il s'agissait d'une lutte à finir, mais le major était si calme devant la situation qu'il nous était impossible de nous énerver ». Tous les officiers sous son commandement étant morts ou blessés au combat, le Major Currie n'a pratiquement aucun répit et ne réussit, en fait, à prendre qu'une heure de sommeil durant toute cette période. Néanmoins, il ne laisse jamais paraître sa fatigue à ses troupes et il saisit toutes les occasions possibles de se rendre aux fosses à armes et aux autres positions défensives pour s'entretenir avec ses hommes, les conseiller sur la meilleure façon d'utiliser leurs armes et les encourager. Lorsque ses troupes obtiennent enfin du secours et qu'il est satisfait de sa mission, il s'endort debout, puis tombe d'épuisement.

Il ne fait aucun doute que la réussite de cette attaque et de la résistance contre l'ennemi, à Saint-Lambert-sur-Dives, peut largement être attribuée au sang-froid de cet officier, à ses grandes qualités de chef et à sa façon d'utiliser habilement le peu d’armes dont il disposait.

Le courage et le sens du devoir dont le Major Currie a fait preuve durant une longue période de combat intense ont été exceptionnels et ils ont eu un effet d'une grande portée sur la réussite de la bataille.

(London Gazette, no 36812, le 27 novembre 1944)

 

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