Croix de Victoria - Première Guerre mondiale, 1914-1918

Joseph Thomas Kaeble

Joseph Thomas Kaeble

Joseph Thomas Kaeble naît à Saint-Moïse, au Québec, le 5 mai 1893. Avant de s’enrôler dans le 22e Bataillon d’infanterie du Corps expéditionnaire canadien durant la Première Guerre mondiale, il gagne sa vie comme mécanicien.

La Croix de Victoria a été décernée au Caporal Kaeble à titre posthume pour la bravoure exceptionnelle dont il a fait preuve les 8 et 9 juin 1918. Alors qu'il est responsable d’une section de mitrailleuses sur la ligne canadienne près de Neuville-Vitasse, près d’Arras, en France, un bombardement intense s’abat sur les tranchées, annonçant un raid ennemi d’envergure. Quand le bombardement cesse, toute la section du Caporal Kaeble est hors de combat, sauf lui. Lorsqu’il aperçoit 50 Allemands qui s’avancent vers sa position, le Caporal Kaeble saute par-dessus le parapet de sa tranchée en faisant feu avec une mitrailleuse Lewis en direction de l’ennemi qui approche. Bien que touché à plusieurs reprises, il continue à vider un chargeur après l’autre sur les attaquants jusqu’à ce qu’il tombe dans la tranchée, mortellement blessé. Il meurt peu après. C'est grâce à son courage que ce raid ennemi a connu un échec.

Citation

Pour sa bravoure exceptionnelle et son zèle hors du commun durant un raid ennemi, alors qu'il était responsable d'une section de mitrailleuses Lewis dans la première ligne de tranchées.

Pendant un bombardement intense, le champ de tir étant très court, le Caporal Kaeble reste à son poste, sa mitrailleuse à l’épaule, prêt à engager le feu. Dès que le tir de barrage cesse, une cinquantaine de soldats allemands avancent vers son poste. Déjà, toute la section du Caporal Kaeble est hors de combat. Le Caporal s'élance au-dessus du parapet et, tenant sa mitrailleuse à la hanche, il vide les chargeurs l'un après l'autre sur l'ennemi. En dépit de plusieurs blessures causées par des fragments d'obus ou de bombes, il continue à tirer. Sa détermination lui permet de stopper complètement l'avance de l'ennemi. Enfin, tout en continuant à tirer, il tombe à la renverse dans la tranchée, mortellement blessé. Couché sur le dos dans la tranchée, il tire ses dernières cartouches au‑dessus du parapet, sur les Allemands en fuite. Avant de s’évanouir, il crie aux blessés autour de lui : « Tenez bon, les gars! Ne les laissez pas passer! Il faut les arrêter! » L’échec total de l’attaque ennemie à cet endroit est attribuable au courage personnel et à l’abnégation de cet intrépide sous-officier, qui succombe à ses blessures peu de temps après.

(London Gazette, no 30903, le 16 septembre 1918)

 

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