Croix de Victoria - Seconde Guerre mondiale, 1939-1945

Charles Cecil Ingersoll Merritt

Charles Cecil Ingersoll Merritt

Charles Cecil Ingersoll Merritt naît à Vancouver, en Colombie‑Britannique, le 10 novembre 1908. En 1929, il obtient son diplôme du Royal Military College, à Kingston, en Ontario, et s’enrôle par la suite dans la milice. Au début de la Seconde Guerre
mondiale, Merritt sert en qualité d’officier dans les Seaforth Highlanders of Canada. En 1942, il devient commandant du South Saskatchewan Regiment (SSR).

Le 19 août 1942, le SSR est l’un des bataillons de la 2e Division d’infanterie canadienne qui participent au raid sur le port français de Dieppe. Le bataillon débarque sur la plage Green Beach, exactement en face de Pourville, village situé immédiatement à l’ouest de Dieppe. Afin de pouvoir atteindre leurs objectifs à l’est du village, les Canadiens sont forcés de traverser un pont sur la rivière Scie, qui coule en direction de la mer en passant par Pourville. Le pont et ses abords sont balayés par des tirs d’artillerie, de mitrailleuses et de mortiers allemands depuis les hauteurs dominant la rive est de la Scie, ce qui met un frein à la progression du SSR. À ce stade, le Lieutenant-colonel Merritt s’avance et, prenant les choses en main, traverse calmement le pont à au moins quatre reprises sous un tir déchaîné afin de mener ses hommes par petits détachements sur le côté est. Il organise et commande ensuite des assauts contre plusieurs des casemates et autres positions ennemies qui dominent le pont et le village, et réussit à les éliminer. Toute la matinée, le Lieutenant-colonel Merritt commande ses hommes avec énergie, s’exposant sans prendre garde au feu allemand. Malgré deux blessures, il organise la retraite de son bataillon des plages de Pourville et met sur pied une arrière-garde qui permet à la majorité des hommes du SSR et des Cameron Highlanders of Canada de rembarquer pour l’Angleterre. Le Lieutenant-colonel Merritt et ses hommes de l’arrière-garde ne peuvent cependant pas être ramenés et sont contraints de se rendre.

Pour le leadership et le courage exemplaires dont il a fait preuve à cette occasion, le Lieutenant-colonel Merritt se voit décerner la Croix de Victoria. Il s'éteint à Vancouver, en Colombie-Britannique, le 12 juillet 2000.

Citation

Pour sa bravoure sans égale et pour ses qualités de chef qui ont su rallier ses hommes alors qu'il commandait son bataillon lors du raid de Dieppe le 19 août 1942.

Dès le débarquement, son unité doit traverser un pont, à Pourville, qui est la cible de tirs de mitrailleuses, de mortiers et d'artillerie très nourris. Les premiers groupes sont tués en grande partie et le pont est jonché de corps. Une décision audacieuse s'impose et le Lieutenant-colonel Merritt, tout en brandissant son casque, s'avance en courant et crie : « Venez! Traversez! Il n'y a rien à craindre ici. »

C'est ainsi qu'il mène les survivants d'au moins quatre groupes, chacun à leur tour, de l'autre côté du pont. Après les avoir rapidement regroupés, il les fait avancer. Lorsqu’ils sont retenus par l'ennemi embusqué dans des casemates, il organise des attaques couronnées de succès. Dans un cas, il élimine lui-même les occupants d'une position à l'aide de grenades. Après que plusieurs de ses messagers sont tombés au combat, il garde personnellement contact avec ses hommes postés dans différents endroits stratégiques.

Bien que blessé lui-même à deux reprises, le Lieutenant-colonel Merritt continue de mener les opérations de son unité d'une façon vigoureuse et déterminée et, alors qu'il planifie la retraite, il traque un tireur embusqué et le tue à bout portant. Ensuite, calmement, il donne des ordres pour le départ et annonce son intention de résister aux attaques et « d'obtenir sa revanche » sur l'ennemi. Lorsqu'il est vu pour la dernière fois, il rassemble des mitrailleuses Bren et des mitraillettes Thompson et prépare une position défensive qui couvre avec succès la retraite de la plage.

On rapporte que le Lieutenant-colonel Merritt est maintenant prisonnier de guerre.

C’est au courage et à l'audace de ce commandant qu’il faut en grande partie attribuer le succès des opérations de son unité et du réembarquement sécuritaire d'une grande partie de ses troupes.

(London Gazette, no 35729, le 2 octobre 1942)

 

[ Galerie des Croix de Victoria ] [ Brochure - La Croix de Victoria canadienne ]