Croix de Victoria - Seconde Guerre mondiale, 1939-1945

Ernest Alvia Smith

Ernest Alvia Smith

Ernest Alvia « Smokey » Smith naît à New Westminster, en Colombie-Britannique, le 3 mai 1914. Il est le seul soldat à avoir mérité la Croix de Victoria lors de la Seconde Guerre mondiale. Il accomplit le fait d'armes qui lui vaut cette décoration, à Savio, en Italie, les 21 et 22 octobre 1944. Alors qu’une compagnie avancée des Seaforths Highlanders tente de consolider la tête de pont du côté allemand du fleuve Savio, elle est soudainement contre-attaquée par trois chars allemands, deux canons automoteurs et environ trente fantassins. Malgré un feu nourri, le Soldat Smith conduit son détachement PIAT (lance-bombes anti-chars) à découvert vers une position défensive appropriée. Ses hommes se trouvent alors face à face avec l’un des chars allemands, qui s’avance sur le chemin en crachant un feu de mitrailleuses intense. Le Soldat Smith tient sa position et, à une distance de 10 mètres, il tire avec le PIAT et met le char hors de combat. Le détachement s’engage alors sur la route en faisant feu avec des mitraillettes Thompson et force l’ennemi à battre en retraite en désordre.

Le Soldat Smith s’éteint à Vancouver, en Colombie-Britannique, le 3 août 2005.

Citation

En Italie, dans la nuit du 21 au 22 octobre 1944, une brigade d'infanterie canadienne reçoit l’ordre d'ériger une tête de pont sur la rivière Savio.

Le Seaforth Highlanders of Canadaest sélectionné pour servir d'avant-garde à l'attaque et, par un temps des plus défavorables à l'opération, les soldats traversent la rivière et capturent leur objectif malgré une forte opposition de la part de l'ennemi.

Des pluies torrentielles ont occasionné une crue de six pieds du niveau de la rivière, en l’espace de cinq heures. Étant donné que les rives verticales amollies rendent impossible la construction d'un pont sur la rivière, aucun char ni aucun canon antichar ne peut être transporté sur la rive opposée du cours d'eau déchaîné pour venir en aide aux compagnies de fusiliers.

Tandis que le bataillon de droite consolide son objectif, il est contre-attaqué soudainement par un groupe de trois chars Panther Mark V secondés par deux canons automoteurs et une trentaine de soldats d'infanterie; la situation semble désespérée.

Sous un tir nourri provenant des chars ennemis qui s'approchent, le Soldat Smith, faisant preuve d'un grand sens de l’initiative et de qualités de chef remarquables, fait traverser un champ à son groupe de deux hommes, vers une position lui permettant d'utiliser le mieux possible son lance‑bombe antichar d'infanterie (PIAT). Laissant un homme sur le lanceur, le Soldat Smith traverse la route avec un compagnon et obtient un autre PIAT. Presque aussitôt, un char ennemi descend la route en mitraillant la ligne des fossés. Le camarade du Soldat Smith est blessé. À une distance de 30 pieds et contraint de s'exposer complètement à l'ennemi, le Soldat Smith ouvre le feu avec son lanceur et frappe le char en l'immobilisant. Dix soldats d'infanterie allemands sortent immédiatement à l'arrière du char et le chargent avec des Schmeisser et des grenades. Sans aucune hésitation, le Soldat Smith sort de la route et, avec sa mitraillette Thompson, il tue quatre Allemands à bout portant et fait reculer les autres. Presque aussitôt, un autre char fait feu et d'autres soldats d'infanterie ennemis cernent de près la position du Soldat Smith. Récupérant des chargeurs de fusils Thompson abandonnés dans un fossé, il tient fermement sa position, protégeant son camarade et combattant les ennemis jusqu'à ce qu'ils capitulent et se dispersent en désordre.

À ce stade, un char et les deux canons automoteurs ont été détruits, mais un autre char continue à faire feu de plus loin sur la zone. Démontrant encore un mépris total à l'égard du feu ennemi, le Soldat Smith aide son camarade blessé à se mettre à l'abri et obtient du secours médical pour lui derrière un immeuble situé à proximité. Il retourne à sa position située au bord de la route au cas où surviendrait une autre attaque de l'ennemi.

Étant donné qu'aucune autre attaque n'a lieu, le bataillon peut consolider la tête de pont si essentielle à la réussite de toute l'opération, qui permet en fin de compte de capturer San Giorgio Di Cesena et de pousser l’avance vers la rivière Ronco.

Ainsi, grâce à la détermination inébranlable, au dévouement exceptionnel et au courage extraordinaire dont ce soldat a fait preuve, ses camarades ont été si inspirés que la tête de pont résiste fermement à toutes les attaques ennemies jusqu'à l'arrivée des chars et des canons antichars, quelques heures plus tard.

(London Gazette, no 36849, le 20 décembre 1944)

 

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