Croix de Victoria - Seconde Guerre mondiale, 1939-1945

Frederick George Topham

Frederick George Topham

Frederick George Topham naît à Toronto, en Ontario, le 10 août 1917. En mars 1945, le Caporal Topham sert en qualité de préposé aux soins dans le 1er Bataillon canadien de parachutistes. À cette époque, le Bataillon fait partie de la 3rd Parachute Brigade de la 6th Airborne Division de l’Armée britannique.

Le matin du 24 mars 1945, les troupes de parachutistes et de planeurs de la 6th Airborne Division atterrissent sur la rive orientale du Rhin, non loin de la ville de Wesel, en Allemagne. Ces atterrissages ont lieu à l'appui des opérations d'assaut commencées la nuit précédente par la 1re Armée canadienne et la 2nd British Army pour se rendre sur la rive orientale du fleuve. Après l’atterrissage du 1er Bataillon canadien de parachutistes, juste au nord du bois de Diersfordt, le Caporal Topham entend un appel à l’aide venant d’un blessé qui se trouve à découvert. Deux préposés aux soins qui tentent l’un après l’autre d’aller soigner le blessé sont tués. Immédiatement après, et de sa propre initiative, Topham avance au milieu d’un intense tir allemand afin de venir en aide au blessé. Alors qu’il le soigne, Topham est lui-même atteint au nez, mais continue à prodiguer les premiers soins malgré la douleur et le saignement de sa propre blessure. Il est alors en mesure de transporter le blessé à l’abri sous un feu continu. Le Caporal Topham refuse d’être soigné pour sa blessure et continue à aider le blessé pendant deux autres heures, jusqu’au moment où tous les combattants blessés ont été évacués en lieu sûr. Bien qu’il finisse par consentir à se faire panser le nez, il refuse d’être évacué avec les blessés. Plus tard, seul et de nouveau sous le feu ennemi, le Caporal Topham porte secours à trois soldats d’une automitrailleuse en feu qui menace d’exploser, les amène en lieu sûr et organise l’évacuation des deux survivants.

Pour son dévouement courageux et désintéressé envers ses camarades, le Caporal Topham se voit décerner la Croix de Victoria. Il s'éteint à Toronto le 3 mai 1974.

Citation

Le 24 mars 1945, le Caporal Topham, alors infirmier, est parachuté avec son bataillon dans une zone défendue avec acharnement, à l'est du Rhin. Vers 11 h, alors qu'il traite des camarades qui se sont blessés en sautant, il entend un appel à l'aide d'un blessé resté à découvert. Deux infirmiers venant d'une ambulance de campagne se rendent vers lui l'un après l'autre, mais sont tués tous les deux en s'agenouillant à ses côtés.

Sans hésitation et de son propre chef, le Caporal Topham s'avance sous un tir nourri pour aller remplacer les infirmiers qui viennent de se faire tuer sous ses yeux. Pendant qu'il prodigue des soins au blessé, il est lui-même touché. Malgré d'abondants saignements de nez et d'intenses souffrances, il poursuit sa tâche sans relâche. Après avoir prodigué les premiers soins au blessé, il le transporte graduellement et lentement à l'abri d'un bois, toujours sous les balles ennemies.

Au cours des heures qui suivent, le Caporal Topham refuse toutes les offres d'aide médicale qu'on lui propose pour sa propre blessure. Il travaille avec un dévouement extrême pendant toute cette période pour soigner les blessés au mépris total du tir nourri et précis de l'ennemi. C’est uniquement lorsque tous les blessés sont soignés qu'il consent à se faire traiter.

On ordonne son évacuation immédiate, mais il insiste avec une telle ardeur qu'il est autorisé peu après à reprendre ses fonctions.

En retournant à sa compagnie, il aperçoit un véhicule transporteur de troupes qui a reçu un coup direct. Des obus de mortiers ennemis tombent encore, le véhicule brûle intensément et ses propres munitions de mortier explosent. Un officier d'expérience qui se trouve sur place a prévenu tous les soldats de ne pas s'en approcher.

Cependant, le Caporal Topham sort seul en faisant fi des munitions qui explosent et du tir de l'ennemi et vient au secours des trois occupants. Il ramène ces hommes à découvert et, bien que l'un d'eux meure presque immédiatement par la suite, il prend les dispositions nécessaires pour faire évacuer les deux autres qui lui doivent sans aucun doute la vie.

Ce sous-officier a fait preuve d'un courage des plus remarquables. Pendant six heures d'intenses souffrances presque constantes, il a posé une série de gestes d'une bravoure exceptionnelle et son altruisme peu commun a inspiré tous ceux qui en ont été témoins.

(London Gazette, no 37205, le 3 août 1945)

 

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