Tome 3, Régiments blindés, de l'artillerie, du génie en campagne et d'infanterie

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INTRODUCTION

LES FORCES CANADIENNES

Les unités de campagne de l'Armée canadienne sont conventionnellement réparties entre les « armes », dont le rôle est de combattre un ennemi, et les « services », dont la tâche est d'appuyer les unités au combat. Le premier groupe est divisé entre les « armes de manœuvre » (arme blindée, infanterie et aviation) et les « armes d'appui » (artillerie, génie, transmissions, renseignement et police militaire). L'autre est défini en tant que « services de soutien » (services de la santé, service dentaire, administration, transports, approvisionnement, génie électrique et mécanique et soutien du personnel). Toutes les armes et tous les services sont essentiels au succès. En fin de compte, toutefois, les armes de combat gagnent ou perdent la bataille.1

Dans les Forces canadiennes d'aujourd'hui, le mot « régiment » a plusieurs sens. Dans la Branche de l'arme blindée, un régiment est une organisation de la taille d'un bataillon, mais il peut comprendre des éléments tant de la Force régulière que de la Réserve. (Dans l'usage canadien, la Force de réserve de l'armée de terre est appelée familièrement la « Milice ». L'artillerie toute entière porte le nom de « Régiment royal de l'Artillerie canadienne » et les unités de l'artillerie ayant la taille d'un bataillon sont aussi appelées des régiments. Le Génie de campagne est l'élément de l'armée, faisant partie de la Branche du génie terrestre, et ses régiments sont des unités de la taille d'un bataillon. Un régiment d'infanterie est une organisation administrative qui mobilise au moins un bataillon pour le combat. Les régiments existent aussi en tant qu'organisations de la taille d'un bataillon, sans pour autant faire partie des armes de combat, mais ceux-ci ne sont pas enregistrés dans le cadre du présent volume.

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ORIGINES

Lors d’un passé lointain, les troupes étaient rassemblées dans des compagnies de soldats placées sous les ordres d'un capitaine ou d'un commandant. Les compagnies étaient groupées en bataillons pour le combat et celles-ci étaient uniformisées au fur et à mesure que la taille et la complexité des armées augmentaient. Par la suite, les bataillons furent organisés et numérotés ou nommés en tant que régiments aux fins de recrutement, d'instruction et de mobilisation. Le régiment est donc devenu et demeure toujours le centre d'identité des soldats, la « famille » à laquelle chacun appartient.

Les premières unités de la taille d'un bataillon au Canada étaient les unités de l'Armée régulière française, les troupes de terre, envoyées par Louis XIV pour le service colonial en 1665. Le Régiment de Carignan-Salières, sous les ordres d'Alexandre de Pouville, Marquis de Tracy, retourna en France en 1668, mais un certain nombre d'officiers et de soldats restèrent en Nouvelle France en tant que colons. Ces derniers formèrent une base importante pour la milice qui fut organisée officiellement en 1669. À part quelques exceptions, les hommes âgés de 16 à 60 ans étaient regroupés dans des compagnies et étaient réunis une fois par mois pour l'exercice. Toutefois, cette levée en masse était d'une valeur limitée au combat. Ce n'est qu’en 1755, lorsque six bataillons de l'armée française arrivèrent (suivis de deux autres bataillons en 1757), que les forces régulières revinrent au Canada. En plus des unités régulières de l'armée française, il y avait 40 compagnies d'infanterie indépendantes permanentes, les Compagnies franches de la Marine ou Troupes de la Marine - qui étaient formées par le Ministre de la Marine, le représentant du gouvernement chargé des colonies et de la marine. Ces compagnies auront plus tard leur équivalent sous l'administration britannique des colonies – les unités de territoriaux professionnels levées pour le service local. Toutes ces unités faisaient partie de l'ordre de bataille de troupes régulières de la France ou de la Grande-Bretagne.

Adoptant les progrès organisationnels militaires du continent européen, le Parlement d'Angleterre établit officiellement une armée permanente en 1661. Avant cette date, le roi autorisait des gentilshommes à lever des compagnies, un retour à l'époque du système féodal où l'on exigeait des seigneurs la levée de contingents de soldats. Du point de vue du Commonwealth, il s'agit de l'origine du système régimentaire.

Des lois sur la Milice furent votées dans la colonie de la Nouvelle-Écosse en 1758, dans la province du Nouveau-Brunswick en 1787, et dans le Haut et le Bas-Canada en 1793. En pratique, toutefois, le service obligatoire en temps de paix était limité à des rassemblements annuels d'une journée ou deux jours. Lors de la guerre de 1812, la plupart des batailles furent livrées par les unités de la force régulière britannique et par des territoriales, qui étaient peuplées de réguliers coloniaux. Des volontaires, qui s'étaient enrôlés pour dix-huit mois ou pour la durée de la guerre, appuyaient ces forces. Les volontaires étaient incorporés dans la Milice et étaient regroupés d'un point de vue administratif en bataillons selon les exigences du service en temps de guerre. Même si ces bataillons étaient démantelés lorsque leurs services n'étaient plus requis, ils peuvent être considérés comme les prédécesseurs des régiments d'aujourd'hui.

C’est la petite force volontaire créée par la loi sur la Milice de 1855 qui prît effet le 1er juillet de la même année pour la province du Canada, qui est à l’origine des régiments des Forces canadiennes. Toutefois, aucun régiment d’aujourd’hui ne peut se vanter d’avoir été levé en 1855, car les 22 unités volontaires formées aux termes de la Loi votée cette année-là étaient toutes des compagnies indépendantes. Cette Loi divisait la Milice provinciale en deux catégories : La Milice « sédentaire » et la Milice « active ». La Milice sédentaire était composée de tous les hommes de 18 à 60 ans de la colonie. Elle était de plus subdivisée en deux classes de soldats, les « militaires » (âgés de 18 ans à moins de 40 ans) et les « réservistes » (âgés de 40 ans à moins de 60 ans). En temps de paix, les membres de la Milice sédentaire n'étaient pas tenus de servir ni de participer à l'entraînement, mais devaient se rapporter lors du rassemblement annuel. La Milice active était formée de troupes de cavalerie volontaires, de batteries de campagne et de compagnies d'artillerie à pied volontaires, de compagnies d'infanterie armées de type voltigeurs, de compagnies volontaires de marine et de compagnies volontaires du génie. Les compagnies volontaires de la Milice active étaient astreintes au service rémunéré, selon le genre, à une période d'exercice annuelle de 10 à 20 jours, dont dix devaient être continus (n'incluant pas les dimanches). Le commandant pouvait les rassembler ou leur ordonner de se présenter pour du service additionnel non rémunéré. Le premier bataillon dûment autorisé de la Milice active fut le « Montreal Light Infantry », formé le 30 octobre 1856. Il s'agissait d'une unité de la Milice sédentaire incorporée à titre d'unité volontaire de « classe B », c'est à dire que ses soldats n'étaient pas payés pour leurs services. Ce bataillon fut démantelé en 1868. Il fallut attendre à 1859 avant que ne soit crée at autorisé un autre bataillon, le « First Battalion Volunteer Militia Rifles of Canada » (aujourd'hui connu sous le nom : « The Canadian Grenadier Guards »).

Lorsque l'Ontario, le Québec, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick devinrent des partenaires au sein de la Confédération, le 1er juillet 1867, les autorités canadiennes prirent automatiquement les responsabilités de la défense du nouveau pays. Le 22 mai 1868, un Acte concernant la Milice et la Défense du Dominion du Canada, fondé en grande partie sur la Loi de 1855, fut voté et les unités existantes des nouvelles provinces durent se réenrôler dans un délai de trois mois. La lignée des régiments et des compagnies qui le firent, fut reconnue. Les unités ne répondant pas aux critères de réenrôlement cessèrent tout simplement d'exister. La « réserve de la Milice » n'était en fait que la Milice sédentaire traditionnelle rebaptisée, dans laquelle la plupart des hommes de 18 à 60 ans physiquement aptes étaient tenus de servir s'ils étaient appelés. La Milice active comprenait trois éléments : une « Milice volontaire » composée d'unités de cavalerie, d'artillerie et d'infanterie qui s'entraînaient à temps partiel, une « Milice régulière », qui pouvait être formée d'hommes qui, en cas d'urgence, se portaient volontaires ou étaient choisis par un tirage au sort, et une « Milice de la Marine » composée de compagnies de marins, de matelots et de personnes affectées à la navigation sur les lacs ou les cours d'eau du Dominion. Un petit nombre de compagnies de la Milice de la Marine étaient formées dès 1862, dans des localités situées sur les rives du lac Ontario.

Le 20 octobre 1871, le gouvernement autorisa la mise sur pied et le maintien de deux petites batteries d'artillerie permanente à Kingston et à Québec pour prendre possession des installations laissées vacantes par l'Armée britannique et pour servir d'écoles d'artillerie pour la Milice.

Le 25 mai 1883, une nouvelle Loi sur la Milice est adoptée, mais contrairement à la Loi de 1868, chaque corps de la Milice active dûment autorisé avant et le jour même de l'entrée en vigueur de la loi se voit reconnu et maintenu en tant que tel sans qu'il ait à se réenrôler. Semblables à ceux de la précédente, les nouveaux règlements faisaient mention d'une milice active composée de la « Milice active de la Force terrestre » et la « Milice active de la Force de Marine ». Une réserve de milice non organisée fut aussi prévue, pour la Force terrestre et la Force de Marine. La Force de Marine, tout en continuant de relever de la Milice, avait cessé d'avoir des unités actives avant l'entrée en vigueur de cette Loi. Les quelques compagnies de la marine, qui avaient de la difficulté à survivre, avaient disparu depuis longtemps; l'intérêt pour cette dernière s'était effrité aussi vite que les relations entre les États-Unis, la Grande-Bretagne et le Canada s'étaient améliorées. La dernière compagnie du genre, la « Bonaventure Marine Company », fut dissoute le 19 juillet 1878. La Loi autorisait la mise sur pied de corps de la Milice active composés de volontaires et de conscrits, choisis par tirage au sort. Ceux-ci étaient constitués de régiments et de troupes de cavalerie, de régiments d'artillerie et de batteries d'artillerie de campagne, de compagnies d'infanterie à cheval, de compagnies du génie, de régiments et de batteries d'artillerie de garnison, de bataillons et de compagnies d'infanterie et de corps navals et marines. La Loi prévoyait aussi l'établissement de forces pour le « service permanent », qui étaient considérées appelées « en service actif » afin d'assurer la protection et l'entretien des forts, des entrepôts de munitions, de l'armement, des dépôts de matériel de guerre et autres services du genre, et la création d'« écoles d’instruction militaire ». En plus de la « force de Milice active ordinaire », « une troupe de cavalerie, trois batteries d'artillerie (qui incluaient les batteries « A » et « B » déjà existantes - la formation de la batterie « C » ne sera autorisée qu'à partir de 1887), et trois compagnie d'infanterie furent mises sur pied. Le Canada avait maintenant une force permanente; mais cela en était une qui devrait survivre sans services de soutien pour lui donner même l'apparence d'une armée de campagne et dont la plupart des hommes politiques considéraient qu'elle servirait surtout, outre à la formation des miliciens, à aider les autorités civiles à régler les conflits industriels possibles entre le capital et la main-d’œuvre. Les unités établies pour le service continu furent appelées « corps permanent » à compter du début des années 1880 et collectivement « force permanente », à compter de 1892.

En 1904, après une série de conflits entre les officiers généraux britanniques qui commandaient la Milice canadienne et le ministre de la Milice et de la Défense, et le désir de moderniser et d'éliminer les tensions civilo-militaires qui existaient aussi à l'époque en Grande-Bretagne, la Loi sur la Milice de 1904 établit un « un système de chef d'état-major général » et un comité consultatif appelé « Conseil de la Milice », qui est composé de hauts-fonctionnaires et de dirigeants militaires. Le Dominion assume alors l'entière responsabilité de la défense du pays ainsi que l'augmentation des effectifs de la Force permanente, qui passèrent de 1 245 à 3 970 membres pour remplacer la garnison britannique d’Halifax. Dans un amendement adopté le 17 décembre 1921, on désignait les sous-composantes de la Milice active comme « Milice active permanente » et « Milice active non permanente ». La réserve de la Milice n'est pas encore organisée même si une liste d'officiers est maintenue.

Au cours de la Première Guerre mondiale, des plans furent élaborés afin de relancer la Milice. En pratique, il existait deux armées canadiennes séparées et distinctes : la Milice au Canada et le corps expéditionnaire outre-mer. En 1920, suite à de fortes pressions politiques, on accepta un compromis qui permettrait de conserver les traditions des régiments de la Milice tout en incorporant l'expérience des anciens combattants d'outre-mer et les honneurs que leurs bataillons s'étaient mérités au champ d’honneur. Tous les régiments et unités de la Milice furent, au fil du temps, « dissous en vue de réorganisation » et furent réorganisés le jour même ou le lendemain. Cela permit à un nouveau commandant, « avec, de préférence, de l'expérience de guerre », de soumettre pour approbation une nouvelle liste d'officiers tenant pleinement compte du service de guerre, du service militaire antérieur dans la milice, et des compétences de chacun. Les officiers qui ne recevaient pas d'affectation étaient transférés à une autre unité, transférés à la réserve du corps ou à la réserve des officiers de l'unité ou furent mis à la retraite. Pour les membres du rang, les directives clarifiaient la situation, ce qui permettait d'agir librement, en ce qui a trait aux nouvelles affectations, en démobilisant automatiquement tous les miliciens et en les remplaçant avec des soldats ayant de l'expérience de guerre.2 De plus, les « nouveaux » régiments de la Milice intégraient l'identité des unités du corps expéditionnaire dissoutes en utilisant des titres secondaires et en perpétuant leurs honneurs.

La Loi sur la Défense nationale de 1922 a réuni la Milice, le Service naval et l'Aviation canadienne sous le ministère de la Défense nationale et, en 1924, la désignation du Conseil de la Milice fut remplacée par le « Conseil de la Défense » avec une représentation accrue de tous les services.

Au fil des ans, la définition du mot « corps » a évolué dans l'armée. Dès l'adoption de la Loi sur la Milice de 1883, le mot « corps », aux fins de la Loi, [comprenait] « toute batterie de campagne, brigade ou batterie d'artillerie, troupe de cavalerie ou toute compagnie, bataillon ou régiment ». Au fur et à mesure de l'évolution de la structure de l'Armée, le mot devint une désignation générale servant à décrire les unités et les militaires constituant une arme ou un service au sein de l’Armée canadienne.

Le terme « Armée canadienne » fut utilisé pour la première fois le 7 novembre 1940, et le personnel et les unités placés en service actif ou incorporés aux fins du service continu étaient désignés comme « actifs » et le reste des formations, des unités et du personnel comme « réserve ». Même si les unités d'artillerie et du génie furent regroupées collectivement en un seul corps, en 1883 et en 1903 respectivement, le « Corps blindé canadien » ne fut formé qu'en 1940 et le « Corps d'infanterie canadien fut formé en 1942. Au cours la Seconde Guerre mondiale, ces nouveaux corps comprenaient les unités placées en service actif, ce qui permettait d'affecter les soldats à l'intérieur de leur corps selon les exigences du service. Ainsi, les unités placées en service actif ne conservaient plus le statut de corps distinct qu'elles avaient antérieurement dans la Milice active. Curieusement, six régiments, (The Essex Regiment (Tank) (maintenant nommé The Windsor Regiment (RCAC)), The Ontario Regiment (Tank) (maintenant nommé The Ontario Regiment (RCAC), The Three Rivers Regiment (Tank) (maintenant nommé le 12e Régiment blindé du Canada), The Argyll Light Infantry (Tank) (qui fait maintenant partie de The Hastings and Prince Edward Regiment), The New Brunswick Regiment (Tank) (qui fut dissous en tant que 64th Light Anti-Aircraft Regiment (New Brunswick Regiment), RCA) et The Calgary Regiment (Tank) (maintenant nommé The King's Own Calgary Regiment (RCAC)) furent classifiés en tant qu'infanterie, de 1936 jusqu'à leur attribution au Corps blindé canadien. En 1946, les régiments de cavalerie et d'infanterie de la Réserve furent attribués au nouveau corps.

La constitution de l’Armée canadienne décrite à la Loi sur la Défense nationale de 1950 comprenait maintenant trois éléments : les « forces régulières », les « forces de réserve » et les « forces spéciales actives ». En 1954, ces éléments reçurent de nouvelles désignations : la « Force régulière de l’Armée canadienne », comprenant le personnel engagé pour le service militaire continu à plein temps, les « Réserves » et la « Force du service actif », qui, en période d'urgence ou en soutien des accords internationaux comprenait le personnel de la Force régulière et de la Réserve placé en service actif et le personnel enrôlé dans les forces du service actif. La Force de réserve était constituée des sous-éléments constitutifs suivants : la « Milice de l'Armée canadienne », dont les membres étaient enrôlés pour un service autre qu’à temps plein; la « Réserve régulière » - formée d'anciens membres de la Force régulière qui se portaient volontaires pour être tenus en état de disponibilité opérationnelle pour le service actif et pour l'instruction annuelle au besoin; la « Réserve supplémentaire » - composée d'officiers et de soldats ayant déjà été en service actif, qui ne sont pas tenus de servir ou de s'entraîner; le « Corps d’instruction des officiers canadiens » - composé des officiers qui suivent des cours et des officiers chargés de leur formation; le Service des cadets du Canada - composé des officiers chargés de l'instruction des Cadets royaux de l'Armée canadienne; et la « Réserve de la Milice » - composée des officiers, des soldats et des civils se portant volontaires pour servir en cas d'urgence.

Le 1er février 1968, les trois services armés des Forces canadiennes de Sa Majesté (la Marine royale du Canada, l’Armée canadienne et l'Aviation canadienne) sont unifiés en un seul service appelé les « Forces armées canadiennes ».3 Les éléments constitutifs des Forces canadiennes sont la « force régulière », la « force de réserve » et la « force spéciale ». Tel qu'il est décrit dans les Ordonnances et règlements royaux applicables aux Forces canadiennes, les sous-éléments constitutifs de la force de réserve sont la Première réserve, la Réserve supplémentaire, le Cadre des instructeurs de cadets et les Rangers canadiens. La nouvelle entité s'est ensuite restructurée pour placer tous ses éléments constitutifs sur une base commune. Au cours du processus, les anciens corps des armes et des services sont devenus désuets et ont été fusionnés avec les nouvelles branches du personnel des Forces canadiennes au fur et à mesure qu’elles étaient formées. Même si on changeait la structure de gestion du personnel des forces, on conservait tout de même le système régimentaire.

La Branche de l'artillerie a la distinction particulière d'être aussi désignée régiment, soit le « Régiment royal de l'Artillerie canadienne ». Même si quelques bataillons ou régiments ont été formés au cours des premières années, les batteries d'artillerie canadiennes ont été pour la plupart embrigadées suivant les besoins. Avec le temps, les brigades sont devenues semi-permanentes, mais ce n'est qu'au début de la Seconde Guerre mondiale qu'elles ont été baptisées « régiments ». Jusqu'à la fin des années trente, le « régiment » d'artillerie britannique - qui a reçu la désignation de Régiment royal de l'Artillerie en 1722 - constituait le « corps » en entier. Cette approche conceptuelle a été adoptée au Canada en 1956 en tant qu'élément du patrimoine britannique du pays. Pour ces raisons traditionnelles, l'artillerie est donc considérée comme un seul régiment composé essentiellement d'unités de la taille d'un bataillon, qui s'appellent par coïncidence des « régiments ».

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L'INSIGNE OFFICIEL

Un insigne héraldique ou officiel est un signe, un symbole ou un emblème distinctif qui sert à faire reconnaître de façon visuelle une organisation militaire et à susciter la fierté et la cohésion dont on a besoin pour assurer l'efficacité opérationnelle. C'est le principal identificateur visuel d'un régiment ou d'une branche et il fait partie intégrante de la vie de tous les jours des soldats. Ceux-ci le portent sur leur coiffure et l'utilisent sur les tambours, les drapeaux de camp, les invitations et d'autres objets du même genre. Il est aussi placé bien en vue à divers endroits dans le secteur de l'unité.

L'héraldique, un phénomène européen remontant au XIIe siècle, soit à l'époque où, pendant les tournois médiévaux, les hérauts étaient chargés des aspects cérémoniaux du rassemblement et de l'annonce des combattants. Vu que le visage des participants était caché sous leur heaume, seules les marques armoriales permettaient de les reconnaître. Au cours des années, les hérauts, au nom des rois et des princes, sont devenus l'autorité reconnue en prenant note de ces marques, en les enregistrant pour s'assurer qu'ils étaient uniques et en formulant des règles au sujet de leur utilisation. L'« héraldique » est le langage qui sert à décrire les insignes régimentaires. Ses origines remontent à la langue franco-britannique qui était en usage pendant les premières années de l'héraldique, et le vocabulaire a été modifié suite à l'adoption de divers mots et règles de syntaxe pour en faciliter la description.

L'élaboration des insignes régimentaires s'inspire d'origines tant primitives que civilisées. On peut dire que les armées opposées avaient recours à des emblèmes les différenciant l'une de l'autre et utilisaient des objets pour distinguer les amis des ennemis. On pouvait, par exemple, s'appliquer de la peinture sur le corps ou mettre un objet sur ses vêtements et porter des objets, tels que des petites branches, des foulards ou l'emblème désignant les chefs. Inversement, les théoriciens présentent de bons arguments pour expliquer que l'adoption d'insignes était destinée à terroriser ses ennemis et à satisfaire sa propre vanité guerrière. Quoi qu'il en soit, en Europe, les gouvernements ne fournissaient pas toujours l'habillement des soldats et les documents anciens fournissent très peu de preuves sur l'uniformité de la tenue vestimentaire. On trouve peut-être le premier cas en Grande-Bretagne en 1337. Édouard III a alors levé une armée de mille hommes et a habillé ceux-ci aux frais de la Couronne. Plus tard, en 1385, Richard II a publié un Article de Guerre dans lequel il déclare que tout homme, de quelque domaine, condition ou pays qu'il soit, qui fait partie de son groupe, doit porter un grand signe des armoiries de Saint-Georges devant et derrière, que celui qui le blesse ou le tue alors qu'il ne porte pas ce signe ne subira pas les conséquences de son acte et qu'aucun ennemi ne doit porter les armoiries de Saint-Georges, qu'il soit prisonnier ou pour une autre raison, sous peine de mort.4

Au XVIe siècle et au début du XVIIe siècle, il y avait des preuves écrites précises de l'utilisation d'insignes personnels pour distinguer les unités. En 1512, Henry VIII ordonne que les commandants des compagnies remettent, pour son compte et en son nom, à chacun de ses sujets que ceux-ci retiennent dans la compagnie les insignes, marques et couleurs convenant le mieux, et qui devront être portés aux mêmes fins. En 1639, Robert Ward déclare, dans son ouvrage intitulé « Animadversions of War », que les hommes doivent tous porter les couleurs de leur régiment, qui doivent être de la même teinte et du même style pour éviter la confusion et permettre aux soldats de discerner leur propre régiment des autres troupes et que chaque capitaine de régiment peut avoir dans ses couleurs de petites distinctions, telles que ses armoiries, un emblème ou un autre signe du même genre permettant de distinguer les compagnies les unes des autres.

Dans un Brevet royal, lancé en 1751, George II a mis fin à la pratique de l'utilisation d'insignes personnels – tels que celui du colonel du régiment. On retrouve aussi dans ce brevet la première mention des insignes uniformisés que les membres des régiments de la garde doivent porter sur leur coiffure. C'est là l'origine de l'insigne de coiffure régimentaire et, à cause de ces origines, la plupart des insignes de coiffure régimentaire étaient en métal uni, non coloré et décrits de façon héraldique en tant que tels.

Nos coutumes et nos traditions sont conservées dans les insignes des Forces armées canadiennes. Par nécessité, le rôle de nos forces militaires et les uniformes qu'elles portent pour l'entraînement et le combat sont constamment modifiés. La continuité de nos distinctions vestimentaires - et de nos titres régimentaires - fournit une source constante de fierté et un lien concret avec notre longue histoire militaire. Les emblèmes incorporés dans nos insignes régimentaires sont remplis de symboles de notre société. De la fleur de lys dorée de la Couronne française aux armoiries des provinces, en passant par les feuilles d'érable, les castors et la Couronne du Souverain, ces symboles communiquent l'essence de notre pays et le patriotisme de nos soldats. Pour dire en d'autres termes ce que dit Thomas J. Edwards dans son livre intitulé « Military Customs », ils sont la base de ce puissant élément moteur de l'armée - l'esprit de corps.

Depuis 1968, le blasonnement en couleurs des insignes est devenu pratique courante. Cette pratique a commencé avec les insignes des branches des Forces canadiennes et avec le 12e Régiment blindé du Canada, dont les insignes de coiffure étaient en métal et en émail. Même si le monarque régnant continue d'approuver toutes les peintures des insignes qui incorporent une devise royale, le Gouverneur général approuve maintenant les autres peintures et l'Inspecteur des drapeaux consacrés et des insignes des Forces canadiennes fait le travail d'état-major relatif à tous les insignes, authentifie les modèles approuvés et en autorise l'utilisation. Ces blasonnements, qui constituent maintenant les modèles officiels, sont illustrés dans le présent volume. En 2005, les descriptions et ornements héraldiques de ces insignes mis en couleurs ont été décrits et approuvés par le Héraut d'armes du Canada par l'intermédiaire du bureau du Gouverneur général, dans le « style canadien » moderne.

Les insignes qui sont portés sur les uniformes sont approuvés et distribués sous forme métallique, mais les régiments peuvent produire leur insigne de coiffure en fil coloré approprié. De la même façon, un insigne peut varier selon le grade tout en demeurant du même modèle. Par exemple, les insignes des officiers peuvent inverser les couleurs dans le cas des insignes bimétalliques, être de meilleure qualité (être en or plutôt qu’en laiton) ou être plus finement détaillés.

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DEVISES

Les devises sont liées à l'héraldique et ont les mêmes origines que les armoiries. Si un chevalier peignait ses armoiries sur son écu et sur d'autres objets pour se faire reconnaître, les devises ont commencé en tant que cri de guerre servant à rassembler les hommes et en tant que maxime pour exprimer un sentiment ou une règle de conduite. Elles étaient associées aux personnes ou aux unités qui les créaient et sont donc devenues un élément des coutumes et de l'identité de la famille. Les devises figurent souvent sur les insignes, mais ce sont là deux coutumes distinctes. Une unité peut avoir une devise sans avoir d'insigne et, sauf lorsque le modèle de l'insigne comprend nécessairement une devise, un insigne sans devise.

Les devises consistent en un mot ou en une phrase et peuvent être dans toute langue, mais doivent être en une seule langue. (Une devise bilingue ne réussit pas en tant que cri de ralliement simple et universel.) L'unité choisit elle-même sa devise. En règle générale, les devises doivent faire appel au patriotisme ou aux descriptions de caractère et elles diffèrent des anciens cris ou sentiments religieux ou patriotiques, car elles sont toujours écrites. Par ailleurs, les devises héréditaires ne sont devenues courantes qu'au début du XIIe siècle lorsque l'utilisation des noms de familles s'est généralisé. Le latin est souvent la langue de choix, car les racines de cette langue classique lui donnent un cachet noble et sa pertinence dans un pays bilingue. Dans tous les cas, les devises sont toujours traduites en anglais et en français pour attestation officielle et pour s'assurer qu'elles étaient comprises de la même façon par tous.

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MARCHES

Dès le XVIIIe siècle, l'armée prusse assigne systématiquement des marches aux régiments en tant qu'identificateurs musicaux. Avec divers degrés de formalité ou de réglementation, les unités des armées d'autres pays s'identifiaient aux chansons et aux airs particuliers joués au son des fifres et des cornemuses ou par les petites musiques d'instruments à vent lorsqu'il y en avait une. Les améliorations apportées aux musiques militaires (harmonies) au XIXe siècle ont accéléré l'acquisition d'indicatifs d'unité – provenant de diverses sources. Certains, en raison des mots ou de l'air que préféraient les soldats, étaient des choix évidents alors que dans d'autres cas, sans doute, les commandants, leurs conjointes ou les directeurs de fanfare influaient beaucoup sur le choix. Il n'était donc pas rare qu'une unité change de chanson de temps en temps.

Même si on laissait généralement le choix de la marche à l'unité, on pouvait assigner certaines marches systématiquement, de façon arbitraire, aux régiments du même genre. Dans l'armée britannique, les groupes ayant travaillé avec des explosifs et portant des grenades en tant qu'insignes défilaient sur l'air de « British Grenadiers ». À un moment donné, tous les régiments écossais devaient défiler sur l'air de « Highland Laddie ». S'ils se sont résignés à l'adoption de cet air, à cause de l'ordre reçu, ces régiments sont restés attachés à ceux qui étaient devenus les leurs en raison du droit découlant de l'usage, si bien que même s'ils jouaient la marche au pas accéléré officielle, d'autres airs leur plaisaient beaucoup plus parce qu'ils avaient l'originalité qui manquait à la marche commandée.

Si l'usage populaire de chansons et d'airs folkloriques régionaux est évident, l'opéra a inspiré le choix des marches des unités, et surtout des marches lentes. Les régiments de cavalerie utilisaient ces dernières en tant qu'identificateurs d'unité pour les « défilés ». Le mouvement à des vitesses plus rapides (les trots, et les petits galops/galops) était exécuté sur la musique publiée sur la carte réglementaire des défilés, par exemple, « Keel Row » et « Bonnie Dundee ». Les unités à cheval n'ont utilisé officiellement les marches rapides qu'une fois que l'abandon du cheval eut rendu cela nécessaire.

Au Canada, la liste actuelle des marches autorisées n'existe que depuis 1950. On avait fait antérieurement une tentative pour dresser et autoriser les marches régimentaires, et ce, au moyen de l'ordonnance no 32 du 10 mars 1899 de la Milice : « Chaque régiment de cavalerie et bataillon doit avoir une marche régimentaire ». À l'époque, les régiments de cavalerie canadiens avaient des effectifs pour les postes de trompettistes, mais pas pour les harmonies. Pendant les revues aux camps d'été, la musique de l'infanterie devait exécuter les marches appropriées pour toutes les unités participantes. Les titres des marches qui ont finalement été soumises au quartier général constituaient un lot éclectique. On a oublié depuis longtemps les raisons de leur adoption et certain des titres sont à peu près inconnus aujourd'hui. Il pouvait s'agir dans certains cas d’airs de fifre ou de cornemuse alors que d’autres étaient puisés dans les listes des marches réglementaires mentionnées ci-dessus. À l'époque, les régiments de cavalerie canadiens avaient des effectifs pour les postes de clairons, mais pas pour les harmonies. De toute évidence, certaines unités n'utilisaient pas la musique pour se faire reconnaître, et les colonels et directeurs de fanfare devaient faire des pieds et des mains pour trouver un thème approprié.

Même si l'adjudant général approuvait les marches de temps en temps, lorsque les demandes étaient jugées conformes aux droits et coutumes traditionnels, aucun autre effort n'a été fait pour dresser des listes complètes et officielles des marches régimentaires pendant les quatre décennies suivantes. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la British Broadcasting Corporation a demandé qu'on lui fournisse une liste des marches régimentaires pour diffuser celles-ci à la radio. On a demandé de fournir les titres manquants, mais on était en temps de guerre et, malgré la valeur des marches des unités, les unités avaient autre chose en tête. La création du présent règlement et de la liste des marches autorisées et sa continuité remontent à 1950, où les marches ont été publiées dans l'Ordonnance no 175 de 1950 de l'Armée canadienne. Bon nombre des marches choisies antérieurement n'avaient apparemment pas résisté au passage du temps. Dans l'intervalle, des unités et des corps avaient été autorisés à adopter les marches de leurs partenaires de l'alliance dans l'Armée britannique.

Les marches officielles symbolisent l'identité et sont les identificateurs musicaux des régiments et des branches. En tant qu'indicatifs musicaux, elles sont autorisées et réglementées individuellement pour que leur signification soit claire pour tous. Chaque régiment est autorisé à avoir une marche au pas accéléré et peut être autorisé à en avoir une au pas ralenti s'il peut établir un droit d'utilisation traditionnel ainsi qu'un usage continu d'une telle marche. Les régiments de voltigeurs, pour leur part, sont autorisés à avoir une marche au pas redoublé. Les régiments possédant déjà des marches additionnelles autorisées pour des occasions particulières telles que les rassemblements montés, ou à l'intérieur des régiments, les marches des bataillons distincts peuvent continuer à être utilisées. Les marches multiples de ce genre ne sont plus autorisées. Les marches des branches s'appliquent à toutes les unités à l'intérieur de chacune des branches. Sauf dans le cas du Régiment royal de l'Artillerie canadienne, dans celui des régiments blindés et dans celui des régiments d'infanterie, aucune autre marche n'est autorisée pour les unités de la même branche, car cela réduit la possibilité d'utiliser les marches aux fins d'identification musicale.

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ALLIANCES ET AFFILIATIONS

Une alliance est un rapport officiel avec un régiment partenaire dans un pays du Commonwealth et doit être approuvée par la Couronne. Une affiliation est une liaison semblable entre deux unités canadiennes, approuvée par le Chef d'état-major de la Défense.

Même si la pratique de conclure des alliances avec d'autres unités existe maintenant à l’échelle du Commonwealth, l'idée a été lancée au Canada en 1903 par le Major général Comte de Dundonald, l'officier général commandant la Milice canadienne. Son intention était de susciter l'esprit de corps et la camaraderie au sein du régiment ainsi qu'à l'échelon national. Il prévoyait en outre d'autres avantages mutuels, dont la fourniture d'instructeurs britanniques compétents, les échanges d'officiers et l'établissement d'un lien social pour les anciens soldats de l'Armée britannique émigrant au Canada. La première alliance de cette nature, conclue entre le 48th Highlanders et le Gordon Highlanders, a été officiellement sanctionnée par le roi Édouard VII en 1904.

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HONNEURS DE BATAILLE

Les honneurs de bataille, ou distinctions honorifiques, comme on les appelait déjà, sont attribués pour reconnaître publiquement et pour consigner la participation active au combat d'une unité de combat contre un corps ennemi structuré et armé. Les unités de combat sont les unités dont le but est d'engager l'ennemi et de le défaire, le neutraliser ou le détruire en tant que force combattante efficace. À ces fins, les unités de combat de l'armée sont aussi définies comme étant les branches de l'artillerie et du génie dans leur ensemble avec les régiments de blindés et d'infanterie. Le terme « distinction honorifique » s'applique aujourd'hui uniquement aux quelques insignes ou autres emblèmes attribués expressément pour souligner de façon particulière l'activité ou l'expérience liées aux opérations qui se situent en dehors des normes reconnues par les honneurs de bataille.

Les unités d'artillerie (c.-à-d. le Régiment royal de l'Artillerie canadienne) et les unités de la Branche du Génie (qui a succédé au Corps du génie royal canadien) n'ont pas d'honneurs de bataille individuels, mais elles utilisent plutôt la devise « UBIQUE », qui signifie « partout ». Cette devise a été attribuée en tant que distinction honorifique « afin de prendre la place de tous les honneurs de bataille du passé et du futur mérités sur le champ de bataille ». Plusieurs autres distinctions honorifiques ont été attribuées à des régiments distincts, surtout des insignes blasonnés qu'ils arborent sur leurs drapeaux consacrés, mais des insignes d'uniformes ont aussi été attribués. Les insignes arborés sur les drapeaux consacrés ne sont toutefois pas tous des distinctions honorifiques.

Tous les honneurs de bataille sont jugés être de valeur égale et sont donc énumérés dans l'ordre chronologique dans lequel ils ont été obtenus par les régiments intéressés. Les honneurs de bataille écrits en majuscules sont ceux qui ont été attribués pour la participation à des opérations ou des campagnes d'envergure (par exemple, CÔTE 70 ou LE RHIN), alors que ceux qui sont écrits en minuscules sont ceux qui ont été décernés pour des batailles plus précises (par exemple, Passchendaele ou Ortona). Les honneurs de bataille en caractères gras peuvent être blasonnés sur les drapeaux consacrés régimentaires ou emblèmes du régiment, tels que les insignes de coiffure des régiments de voltigeurs et sur diverses pièces de la tenue telles que la plaque de bandoulière. À l'origine, on pouvait arborer tous les honneurs à ces endroits particuliers, mais on a restreint le nombre des inscriptions qu'il est permis d'y arborer en raison du nombre des distinctions qui ont été attribuées au cours des longues campagnes de la Première Guerre mondiale (un nombre maximal de dix chacun pour la Première et la Seconde Guerre mondiale, plus d'autres honneurs pour d'autres campagnes). Tous les honneurs autorisés peuvent être arborés ailleurs, si l’espace le permet; le fût du tambour de parade est un exemple approprié.

Le système des honneurs de bataille des Forces canadienne puise dans le riche héritage des Forces britanniques. Les honneurs de bataille britanniques tirent leur origine de l'armée de terre, qui a attribué sa première distinction honorifique, en 1695, au 18th Regiment of Foot (18e Régiment de Fantassins) (rebaptisé suite à la dissolution du Royal Irish Regiment en 1922) à qui le roi William III a remis un insigne, le lion de Nassau, et la devise « Virtutis Namurcensis Proemium » (ce qui signifie La récompense pour la vaillance manifestée à Namur), pour le courage dont il avait fait preuve au siège de Namur, en Belgique. Le 15th Light Dragoons (maintenant The Light Dragoons) est le premier bataillon à qui des honneurs de bataille ont été décernés sous la forme de l'inscription d'un combat donné sur un drapeau consacré. Celui-ci a reçu la décoration « Emsdorf » en 1768 pour le rôle qu'il a joué dans la défaite d'une force française en 1760, pendant la guerre de Sept ans. Par la suite, les régiments ont demandé et obtenu des honneurs de bataille pour des batailles antérieures. Plusieurs honneurs militaires ont été décernés pour des actions d'éclat qui ont eu lieu au Canada au XVIIIe et au début du XIXe siècle, dont « Louisbourg, 1759 » et « Québec, 1759 ». Le seul honneur décerné à un régiment entièrement canadien ne figurant pas dans l'ordre de bataille britannique pendant cette période est la décoration « NIAGARA » qui a été décernée au Battalion of Incorporated Militia of Upper Canada (levé en 1813 et dissout en 1815), en 1821, pour avoir servi pendant la guerre de 1812.

Avant la Confédération, ce sont les autorités britanniques qui attribuaient les honneurs de bataille aux unités « canadiennes ». Après la Confédération, la Milice canadienne a attribué à ses régiments les décorations qu'elle avait elle-même choisies. Le premier bataillon à recevoir des honneurs de bataille canadiens est le 60th « Missisquoi » Battalion of Infantry (dissout en 1898), à qui la décoration « Eccles Hill » a été décernée pour le service accompli pendant les raids des Féniens de 1970. Cette décoration est toujours arborée par un régiment canadien, bien que cette unité, The Victoria Rifles of Canada, figure actuellement en tant qu'unité inactive dans l'ordre de bataille supplémentaire. Les décorations les plus anciennes méritées par des unités canadiennes en service actif l'ont été pour la Rébellion du Nord-Ouest de 1885. De la Première Guerre mondiale jusqu'à l'amalgamation des Forces canadiennes, l'armée a contribué aux listes des honneurs de bataille communs dressées par des comités de l'armée britannique, comprenant des représentants du Canada, pour les contingents de l'Empire ou du Commonwealth. Par la suite, les autorités canadiennes évaluaient les actions de ses régiments et attribuaient les décorations individuelles à partir de ces listes.

De temps en temps, les conditions d'attribution des décorations ont changé en fonction des circonstances de chaque guerre. Le principe fondamental est toutefois resté le même : les décorations doivent commémorer publiquement une bataille ou une campagne dont le souvenir sera une source constante de fierté pour l'unité intéressée. Mentionnons, parmi les autres principes fondamentaux que les décorations doivent reconnaître à juste titre un exploit accompli au cours d'une bataille, éviter d'abaisser la valeur des récompenses en faisant trop de recommandations, garder en perspective l'importance relative de l'engagement et des conditions opérationnelles d'une guerre ou d'une campagne lorsqu'on détermine le genre et le nombre des décorations et, finalement, s'assurer que toutes les unités admissibles qui ont participé honorablement à une action d'éclat commémorée sont reconnues à juste titre comme compagnons d'armes.

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LIGNÉES

Un régiment des Forces canadiennes est toujours et avant tout une famille de soldats. Sa lignée officielle commence au moment de sa création en tant qu'unité de la taille d'un bataillon, c'est-à-dire, un groupe composé d'au moins deux escadrons, batteries, compagnies ou d'un quartier général auquel des sous-unités sont affectées. La lignée régimentaire ne commence pas le jour de la formation du plus ancien de ses éléments constitutifs et, comme dans le cas de toute famille, il faut que le service soit continu pour que la filiation soit maintenue. Après sa dissolution, un régiment cesse d'exister. Le fait qu'une unité reconstituée ultérieurement assure la continuité sur le plan du nom, du numéro, du territoire ou de la démographie ne veut pas dire qu'elle descend directement de l'ancien régiment. Il s'agit d'une nouvelle famille. C'est le Ministre de la défense nationale qui a le pouvoir d'autoriser la formation, la dissolution et l'incorporation d'une unité.

Les régiments changent souvent de titre, parfois à leur grande déception . Généralement, ces changements surviennent au moment d'une réorganisation des forces lorsque les unités sont fusionnées ou passent à une nouvelle arme. Certains changements de titres sont faits tout simplement pour préciser le rôle d’une unité. On peut, par exemple, utiliser le sigle « (RCAC - (CBRC) en français) », qui est maintenant un jalon historique, après les titres des régiments de blindés pour indiquer les unités n'ayant pas d'antécédents dans la cavalerie ou un titre traditionnel de la cavalerie ou des blindés, par exemple, hussards, dragons, etc. En de rares occasions, les régiments peuvent recevoir un titre royal ou un titre secondaire en reconnaissance de leur service exemplaire. Collectivement, les changements ont été faits pour différencier les unités d'une autre arme, en incluant par exemple le mot « artillerie » ou « blindé ».

Sauf quelques rares exceptions, la politique en matière de langues officielles exige que la nomenclature des unités des Forces canadiennes soit bilingue. Les noms propres des unités d'importance historique ou symbolique ne sont pas sujets à changement, sous réserve des mots du titre ne faisant pas partie du nom propre. Une unité peut décider de renoncer à la dérogation pour s'accorder avec ses membres et son patrimoine. Cependant, une fois que le titre bilingue a été approuvé officiellement, elle ne peut pas revenir à un titre unilingue plus tard. Les unités et organismes dissous ou placés dans l'ordre de bataille supplémentaire avant que cette politique ne soit établie ne sont pas soumis à la traduction rétroactive des titres et les unités et organismes qui ont été formés après l'entrée en vigueur de la politique doivent avoir un titre bilingue. Le lecteur remarquera une certaine incohérence dans la traduction française des titres des unités. Le titre du 2 Combat Engineer Regiment et celui du 2nd Field Engineer Regiment, dont la traduction est 2e Régiment du génie et 2e Régiment de génie respectivement en est un exemple typique de cette inconsistence. Avec le temps, cette erreur administrative sera corrigée.

Les tableaux inclus dans la présente publication n’y figurent pas en ordre de préséance. Pour en faciliter la lecture et la recherche, nous les avons plutôt énumérés en ordre numérique-alphabétique. Pour obtenir des renseignements détaillés sur la préséance des régiments, prière de consulter l'annexe 1C et l'A-AD-200-000/AG-000, La structure du patrimoine des Forces canadiennes.

S'il y a lieu, la date d'autorisation et le titre initial des sous-unités indépendantes qui ont été groupées ou embrigadées pour former un régiment sont fournis dans les notes en fin de texte.

Un régiment réorganisé en sous-unité conserve sa lignée depuis la première date où il a été formé en régiment ou bataillon. Il n'y a pas d'effet résultant sur cette lignée si la sous-unité est réorganisée encore une fois par la suite en unité, par exemple, le 5e Régiment d'artillerie de campagne (Colombie-Britannique), ARC. Inversement, une sous-unité qui est réorganisée en unité commence sa lignée en tant que régiment ou bataillon le jour de la réorganisation. La réorganisation de 1977 des escadrons du génie de la Force régulière en régiments est un exemple typique de cela. Aux fins du dossier historique, la lignée de ces sous-unités est suivie séparément au cas on les reconstituerait encore une fois en sous-unités.

Lorsqu'une unité est fusionnée avec une ou plus d'une unité ou sous-unité, la lignée de la nouvelle unité commence le jour de la création du régiment ou du bataillon le plus ancien. Les honneurs et perpétuations des unités ou sous-unité fusionnées passent automatiquement à la nouvelle unité. En de rares occasions, les régiments fusionnés se séparent et retournent à leur forme originale. Après un tel divorce, chacun des éléments constitutifs reprend ses propres honneurs. On trouvera à l'annexe 1A une liste des unités fusionnées relative aux régiments dont il est question dans la présente partie du Volume 3 (Partie 1 – Blindés, Artillerie et Génie, et Partie 2 – Infanterie).

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Régiments blindés

Les coutumes et traditions de la cavalerie de l'armée britannique ont beaucoup influencé la cavalerie de la période d'avant et la période d'après la Confédération au Canada. Les genres de cavalerie, tout en étant semblables à ceux des cavaleries organisées en Europe continentale, étaient légèrement différents du point de vue de la taille des montures et des cavaliers. La plupart des armées européennes suivaient une gradation officielle où les hommes et les chevaux plus gros étaient assignés à la cavalerie lourde et les hommes et chevaux plus petits à la cavalerie légère. En Grande-Bretagne, selon le règlement, tous les régiments de cavalerie devaient pouvoir faire une charge de cavalerie et les colonels des régiments cherchaient souvent à obtenir les meilleures montures disponibles. Même si, à la plupart des égards, les armes qu'on utilisait et les uniformes qu'on portait à l'intérieur des différents genres de cavalerie étaient semblables à ceux des autres pays, il y avait peu de différence sur le plan des capacités, car les deux genres de cavalerie employaient les tactiques de l'arme blanche (consistant à charger le corps principal de l'ennemi à l'épée et à la lance).

La Cavalerie de la Garde royale, les dragons de la garde et les dragons étaient désignés comme cavalerie lourde. La cavalerie lourde était utilisée pour les charges décisives dans les actions de choc. Chose intéressante, en principe, les dragons étaient au départ l'infanterie armée d'armes à feu, mais munie de chevaux pour le transport. Au fil du temps, les unités de ce genre ont été utilisées exclusivement dans un rôle de cavalerie. D'une certaine façon, elles étaient les précurseurs des carabiniers montés qui ont vu le jour à la fin du XIXe siècle. La cavalerie légère, qui comprenait les dragons légers, les hussards et les lanciers était utilisée pour le piquet, la reconnaissance, la fouille, la patrouille, la protection et la poursuite. Au Canada, une seule unité de lanciers était autorisée (à savoir un détachement de classe « B » de la cavalerie légère (lanciers) à Ottawa autorisée le 3 septembre 1857 pour être sous les ordres de la Ottawa Field Battery), mais on ne mentionne sa formation nulle part. Il est probable qu'aucune autre unité de lanciers n'a été autorisée parce que le terrain densément boisé, vallonné et copieusement arrosé de l'est du Canada aurait rendu difficile l'emploi d'unités de ce genre. Aux fins des règlements régissant l'utilisation des étendards et des guidons, tous les régiments de cavalerie de la Milice canadienne, sauf les hussards, étaient désignés comme dragons.5

À l'instar de toutes les unités de l'armée de longue date, les régiments de blindés ont fait l'objet de nombreux changements sur le plan de la terminologie des rôles et de l'organisation au cours de leur existence. Les régiments de cavalerie canadiens étaient des unités à cheval jusqu'au début de la Seconde Guerre mondiale, mais la nature de la guerre a changé à un tel point que les armes de combat à cheval n'étaient plus nécessaires. Vu que les forces mécanisées, qu'il s'agisse de véhicules blindés, de véhicules de reconnaissance ou de chars d'assaut, étaient indispensables à l'effort de guerre, un corps blindé de la Force active a été formé pour aider à régler les problèmes liés à l'instruction et à la gestion du personnel de cette « nouvelle » force de combat. Les nouveaux régiments blindés de temps de guerre étaient décrits au moyen de numéros séquentiels suivis d'un titre descriptif en indiquant le genre et d'un titre secondaire entre parenthèses représentant leurs anciens titres. En 1949, lorsque tous les régiments de cavalerie de la Force de réserve eurent été assignés au Corps blindé royal canadien, les régiments ont encore une fois été définis par leurs titres d'avant-guerre, l'identificateur numérique générique constituant le titre secondaire entre parenthèses. En 1958, les titres secondaires ont été abandonnés.

Le Royal Canadian Dragoons, dont la formation a été autorisée le 21 décembre 1883, est le plus ancien régiment de blindés incorporé de façon continue de la Force régulière. La lignée du 12e Régiment de blindés du Canada, en tant que régiment de blindés, remonte au 24 mars 1871, même si la formation de son élément constitutif de la Force régulière n'a été autorisée que le 6 mai 1968. Le Halifax Rifles (RCAC), dont la formation a été autorisée le 14 mai 1860, est le plus ancien régiment de blindés incorporé de façon continue de la Force de réserve.

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Régiments de l'artillerie

Selon la définition qu'énonce le Brigadier Oliver F.G. Hogg dans son livre intitulé Artillery: its Origin, Heyday and Decline, le mot artillerie englobe toutes les armes offensives autres que les armes personnelles dans lesquelles la pression du gaz provenant de la combustion d'une charge propulsive éjecte un missile. Pendant les débuts de l'artillerie sur le champ de bataille, les pièces étaient sous commandement et contrôle civil et les « chefs » de pièces les utilisaient individuellement, généralement contre des fortifications stationnaires. Ce n'est qu'au XVIIe siècle lorsque les tactiques de l'artillerie sont apparues qu'on a essayé d'employer l'artillerie en masse sous un seul commandant ce qui en a fait essentiellement une arme ou un corps distinct. Pendant la guerre de Trente ans, le roi Gustave II de Suède (1594-1632) utilisait souvent ses pièces en batteries et a développé une plus grande mobilité avec son artillerie. Il a aussi porté le nombre des canons à six, au lieu de suivre la norme d'un canon par mille soldats, et a rattaché une paire de pièces légères à chaque régiment d'infanterie en tant que pièces du « bataillon ». C'est toutefois Louis XIV de France (1638-1715) qui a probablement été le premier à organiser l'artillerie de façon permanente en formant un régiment d'artillerie et en créant des écoles d'instruction en 1671. En 1716, les Britanniques ont organisé deux compagnies permanentes comprenant l'Artillerie royale.

Contrairement aux blindés et à l'artillerie, l'histoire de l'artillerie à titre de seul important régiment des régiments est en réalité l'histoire des batteries individuelles qu'on a embrigadées en des entités plus grandes pour des raisons d'ordre tactique et administratif. Pendant une grande partie de ses premières années d'existence, la Royal Artillery était structurée autour des bataillons, qui étaient des compagnies dans l'artillerie de campagne et des troupes dans l'artillerie à cheval. En 1859, les Britanniques ont adopté un système d'organisation axé sur la brigade et ont restructuré leurs compagnies et leurs troupes en batteries, les batteries de garnison et de campagne étant désignées numériquement et l'artillerie à cheval, de façon alphabétique. À la fin de 1861, on a aussi désigné graduellement les batteries de campagne alphabétiquement. Au Canada, on a aussi adopté le système d'organisation axé sur la brigade et, de la même façon que dans l'armée britannique, la façon de désigner les batteries a changé au cours des années. Par la suite, l'artillerie de campagne et l'artillerie à cheval sont devenues des batteries, les batteries de campagne étant désignées numériquement et l'artillerie à cheval alphabétiquement, et l'artillerie de garnison pour sa part a été formée de compagnies désignées numériquement.

Les régiments d'artillerie sont passés par une série similaire de modifications, qui peuvent parfois être une source de confusion pour le lecteur. Comme nous l'avons mentionné antérieurement, les bataillons sont devenus des brigades et, entre 1939 et 1946, les brigades d'artillerie ont été renommées régiments. Avant ce dernier changement, le nom « régiment » indiquait en fait un commandement du niveau de la formation. Le 7th Toronto Regiment, dont la formation a été autorisée en 1931 et qui avait sous ses ordres la 3rd Field Brigade et la 4th Medium Brigade est un exemple typique de cela. Ce groupe de l'artillerie fut dissous en 1954 alors qu'il portait le titre de Headquarters, RCA, 2nd Armoured Division (Quartier général, ARC, 2e Division blindée).

Le 1er Régiment, Royal Canadian Horse Artillery, dont la formation a été autorisée le 1er décembre 1898, est le plus ancien régiment d'artillerie de la Force régulière à avoir été incorporé de façon continue. Le 2e Régiment d'artillerie de campagne, ARC, dont la formation a été autorisée le 27 novembre 1856, est le plus ancien régiment d'artillerie de la Force de réserve incorporé de façon continue. Comme le Montreal Light Infantry, ce régiment était à l'origine un bataillon de la Milice sédentaire qui était placé sous l'autorité d'une unité de « classe » B en tant que « Montreal Artillery ».

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Régiments du génie

L' « unité » du Génie était au départ la compagnie. Même si deux compagnies ont été formées en Grande-Bretagne en 1716, ce n'est qu'en 1772 que les hommes de troupe ont été établis de façon permanente, lorsqu'on a formé à la garnison de Gibraltar une compagnie constituée des hommes qui y étaient stationnés. Même s'il y avait quelques quartiers généraux du génie du district de la Milice déjà formés dans les années vingt, les compagnies du génie du Canada ont été, pour la plupart, embrigadées au besoin. Au fil des ans, les quartiers généraux ont été désignés régiments et les compagnies « temporairement » placées en sous ordres. Par conséquent, aux fins des traditions, on suit la lignée des sous-unités du génie séparément. Malheureusement, les documents d'organisation des escadrons de génie de la période suivant l'unification assignés aux régiments sont souvent insuffisants. Par conséquent, au moins sur papier, les escadrons affectés aux régiments peuvent, dans certains cas, ne pas se refléter dans l'organisation réelle.

On peut dire que le Canada doit son existence au travail du génie militaire. De la construction de palissades et de forts en Nouvelle-France et en Amérique du Nord britannique à la construction des chemins et des canaux, il a laissé une marque indélébile sur le pays. Des compagnies de génie ont été établies dès les années 1850, mais la plus ancienne compagnie de génie figurant encore dans l'ordre de bataille est la Charlottetown Engineer Company, dont la formation a été autorisée le 16 août 1878. Cette compagnie a fusionné avec le 4th Prince Edward Island Regiment of Garrison Artillery en 1904 et fait aujourd'hui partie du Prince Edward Island Regiment (RCAC).

Traditionnellement, les unités du génie sont désignées au moyen de numéros et non au moyen de titres, et la norme pour toutes les unités du génie de l'armée consiste à utiliser des nombres ordinaux (1er, 2e, 3e, etc.) pour la Force de réserve et des nombres cardinaux (1, 2, 3, etc.) pour la Force régulière. En français, les unités sont toutes définies au moyen de nombres ordinaux. À l'intérieur de cette convention, les unités ont été numérotées de façon séquentielle selon le genre, par exemple, il y avait une 3rd Field Company (compagnie de campagne) et une 3rd Field Park Company (compagnie du parc du Génie) en service actif et une 3rd (Reserve) Field Company (compagnie de campagne de la Réserve) dans la Milice active non permanente pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1947, les compagnies du génie de campagne et les compagnies du parc du Génie ont reçu la nouvelle désignation d'escadron. Avant cette date, les unités du génie de ce genre étaient désignées comme escadrons seulement si elles offraient un appui aux formations de cavalerie ou blindées. Les unités du génie qui n'exerçaient pas de fonction en campagne, telles que les compagnies de travaux, ont continué d'être désignées comme compagnies.

Même si les régiments du génie sont un phénomène relativement nouveau dans les Forces canadiennes, le 31e Régiment de génie de combat (The Elgin's) a une lignée remontant au 14 septembre 1866, mais cela est attribuable à son service antérieur en tant que régiment d'infanterie. Le premier régiment de génie de la Force régulière n'a été formé que le 29 août 1952, au moment où la formation du 1st Field Engineer Regiment, RCE a été autorisée. Ce régiment fut dissout le 1er juillet 1958 et ce n'est que le 17 juin 1977 que les régiments de génie de la Force régulière apparurent à nouveau à l'ordre de bataille.

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Régiments de l'infanterie

Dix des cinquante compagnies de voltigeurs volontaires indépendantes autorisées en 1855 ont été formées dans la Province du Canada (l'Ontario et le Québec actuels). Ces compagnies de voltigeurs et celles qui ont été formées par la suite étaient armées du mousquet à canon rayé à chargement par la bouche du modèle de 1853. Lorsqu'elles étaient appelées, elles devaient fournir une force de déploiement rapide ou « tête d’avant-garde » à la Milice sédentaire munie de fusils à âme lisse vétustes et fournir une avant-garde à la force régulière britannique, assurer sa sécurité et lui fournir de l'information. Ce n'est qu’en 1862 que la formation des premières unités volontaires désignées « infanterie » a été autorisée. Même si les unités canadiennes étaient conçues d'après les infanteries de divers genres qui s'étaient développées en Europe (infanterie légère, fusiliers, voltigeurs, etc.), à l'exception des régiments de la garde qui avaient un double but pour des raisons d'ordre cérémonial, toutes étaient en grande partie utilisées et entraînées en tant qu'infanterie de ligne.

Les compagnies indépendantes formées dans les villes étaient graduellement regroupées ou constituées en bataillons lorsque, en 1866, les pionniers des provinces de l'Amérique du Nord britannique qui faisaient partie de la Milice ont été appelés à assurer la défense contre la première incursion des Fénians. Il est devenu rapidement manifeste que pour utiliser de façon efficace les compagnies d'infanterie indépendantes, et surtout celles des régions rurales isolées, il fallait des bataillons provisoires. Cette expérience a rapidement mené à l'établissement de bataillons permanents ainsi que de postes permanents de commandants et d'officiers d'état-major. En 1866, on a autorisé la formation de plus de quarante bataillons, y compris le Civil Service Rifle Regiment et trois bataillons de voltigeurs pour le Grand Trunk Railway Corps, dont la formation venait d'être autorisée.

D'entrée de jeu, les bataillons ont été désignés de façon numérique. Cette méthode d'identification a changé en 1900 lorsque les bataillons d'infanterie sont devenus des régiments et, encore une fois en 1920, lorsque les régiments, à l'exception du 48th Regiment (Highlanders), ont perdu leurs désignations numériques.

Au moment de la restructuration de 1936 de l’Armée canadienne, le Canadian Machine Gun Corps a été dissout et ses unités ont été fusionnées avec les régiments d'infanterie. Les régiments d'infanterie qui ont fait l'objet de ces amalgamations ont assumé le rôle d'unités de mitrailleuses et on leur a donné la désignation secondaire « (MG) ». Bien souvent, les bataillons de mitrailleuses étaient fusionnés avec des partenaires multiples et à moins que ce soit exigé expressément dans les ordonnances générales, la lignée de ces bataillons est accordée à l'unité assignée à la composante du quartier général et à au moins une compagnie.

Depuis 1855, on a autorisé la formation de plus de 160 bataillons d'infanterie de la Force régulière et de la Réserve. Indépendamment de la Seconde Guerre mondiale, où les régiments ont levé des bataillons additionnels pour le service actif, certains régiments ont été autorisés et continuent d'être autorisés à exister en tant que régiments à bataillons multiples.

Le Royal Canadian Regiment, dont la formation a été autorisée le 21 décembre 1883, est le plus ancien régiment d'infanterie incorporé de façon continue dans la Force régulière. Sa lignée remonte toutefois au 14 août 1863 à cause de son élément fusionné de la Réserve (le 4e Bataillon), qui était antérieurement « The London and Oxford Fusiliers (3rd Battalion, The Royal Canadian Regiment) ». The Canadian Grenadier Guards, dont la formation a été autorisée le 17 novembre 1859, est le plus ancien régiment d'infanterie à avoir été incorporé de façon continue dans la Réserve.

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PERPÉTUATIONS

La perpétuation est une mesure propre au Canada qui institutionnalise le souvenir des exploits et des sacrifices des militaires qui ont contribué à une période particulière de l'histoire militaire canadienne. C'est une façon de protéger les honneurs de bataille pour les générations à venir. L'unité qui perpétue un souvenir devient donc la gardienne de cet héritage pour chacune d’entre-elles.

Les Forces ont établi cette mesure après la Première Guerre mondiale et l'ont beaucoup utilisée pour sauvegarder le patrimoine des unités du Corps expéditionnaire canadien. La perpétuation n'a pas beaucoup changé au fil des ans. Seules les unités combattantes qui ont obtenu un honneur de bataille ou une distinction suite à une campagne peuvent être perpétuées et seule une unité combattante autorisée à avoir des honneurs peut en perpétuer une autre. On trouvera une liste des perpétuations à l'annexe 1B.

On suit encore aujourd'hui les lignes directrices sur la perpétuation rédigées par le Comité des honneurs de bataille suite à la Première Guerre mondiale et la Section historique de l'Armée :

  1. lorsqu'il est possible d'établir une relation générale, territoriale ou nominale, il est souhaitable que les unités qui existent aujourd'hui ou qui seront levées dans un temps futur perpétuent les unités militaires qui ont déjà existé au Canada;
  2. lorsqu'une relation est établie entre une unité active et une ancienne unité ou une unité dissoute, aucune limite ne doit être fixée au temps écoulé entre la dissolution de l'ancienne unité et la levée de l'unité actuelle;
  3. lorsque seule une relation territoriale est établie, et qu'une ou plus d'une unité active recrute maintenant dans le territoire en question, la perpétuation doit être offerte aux unités actives en fonction de l'ordre des dates de levée. La perpétuation par deux unités n'est justifiée que dans les cas exceptionnels;
  4. la politique est de perpétuer le souvenir des unités qui ont précédé, mais cela n'aura aucun autre effet sur la lignée ou la préséance des unités assurant la perpétuation.

Les règles de la perpétuation ont été conçues pour assortir le mieux possible les unités dissoutes et les unités figurant dans l'ordre de bataille actuel. Cela permet de créer un solide lien familial et un point de rencontre « local » pour les anciens membres de l'unité perpétuée et évite les conflits inutiles entre les unités qui désiraient perpétuer la même unité.

La perpétuation des unités d'artillerie du Corps expéditionnaire canadien a été assignée sur une base nominale et, dans bien des cas, les unités qui ont été mobilisées au Canada en temps de guerre n'ont à peu près aucun lien avec l'emplacement géographique de l'unité qui assure la perpétuation.

Lorsqu'un régiment d'artillerie et ses batteries sont fusionnés à un autre régiment d'artillerie et ses batteries, la perpétuation est allouée aux batteries conservant la même désignation numérique. S'il n'y a pas une continuation de la désignation numérique, la perpétuation incombe au régiment dans son ensemble.

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HISTORIQUES OPÉRATIONNELS

Les notes ajoutées aux tableaux des lignées ne donnent qu’un aperçu de l'historique opérationnel de chaque régiment. À cette fin, le mot « opérationnel » s'applique à l'activité en temps de guerre. Le service en temps de paix, dont le service à l'étranger avec l'Organisation du Traité de l'Atlantique du Nord et le service de maintien de la paix avec les Nations Unies ou un autre organisme international n'est pas compté. Les honneurs de bataille signalés dans les tableaux servent à rappeler la participation des régiments aux campagnes, et il n'est pas jugé nécessaire de répéter ces renseignements dans la note historique de chaque tableau. Pour obtenir de plus amples renseignements sur l'histoire d'un régiment, consulter les livres d'histoire réalisés par le régiment ou la branche dont il s'agit et dont bon nombre sont mentionnés dans les notes de fin de texte.

Même si de nombreux régiments ont participé à la levée des unités de temps de guerre du Canada, les historiques opérationnels figurant aux tableaux ne contiennent des renseignements que sur les régiments qui ont servi en tant qu'unités homogènes ou qui ont été reconnus par l'attribution d'honneurs de bataille ou par la perpétuation.

Il faut signaler que, pendant la Seconde Guerre mondiale, presque aucun des régiments d'artillerie et du génie n'était rattaché en ligne directe ou n'avait une relation territoriale avec les régiments de l’Armée active du Canada ayant une désignation numérique similaire. Le service en temps de guerre des batteries d'artillerie et des escadrons du génie qui ont été fusionnés avec des régiments est décrit aux différents tableaux.

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DRAPEAUX CONSACRÉS

En tant que terme générique, le mot « drapeau consacré » ou « Couleurs » désigne les drapeaux consacrés de diverses formes attribués aux unités particulières aux fins d'identification. Ils sont décrits en tant qu'« étendard » de la cavalerie de la Garde et des dragons de la Garde, en tant que « guidon » des régiments de dragons et de hussards et en tant que « couleurs consacrées » de la garde à pied et des régiments d'infanterie de ligne. Même si la première mention officielle d'une forme standard de service religieux lié à la remise ou à la présentation officielle des drapeaux consacrés remonte à 1867, les drapeaux ont été associés à la religion depuis les tout premiers temps où les « drapeaux de guerre » étaient bénis, en tant qu'objets consacrés. C'est pour cela qu'on accorde aux drapeaux consacrés qui ne sont plus en état de servir ou qui ne servent plus la dignité d'être rangés dans un endroit sacré ou public.

Nous ignorons quelle est l'origine précise de l'utilisation des drapeaux consacrés. L'installation d'un emblème tribal ou d'un insigne sur un poteau pour indiquer la position d'un chef ou en tant que point de rassemblement des soldats a finalement amené les unités militaires et les nobles à utiliser un large éventail de bannières et de drapeaux. Graduellement, cet assortiment éclectique de drapeaux est devenu ce qu'on peut maintenant appeler la forme « originale » de drapeaux consacrés que nous connaissons aujourd'hui. Comme nous l'avons mentionné antérieurement, au début du XVIIe siècle, un système d'enrégimentation a vu le jour. Chaque compagnie s'identifiait au drapeau ou aux « couleurs » de son commandant (capitaine). Les officiers supérieurs du bataillon/régiment (le colonel, le lieutenant-colonel et le major) commandaient chacun théoriquement une des compagnies. Ces drapeaux avaient un but très semblable à celui des « couleurs », mais ils étaient essentiellement un moyen de marquer leur présence sur le champ de bataille. Au milieu du XVIIIe siècle, les drapeaux consacrés ont été normalisés et les régiments d'infanterie ont reçu un drapeau consacré du Souverain et un drapeau consacré régimentaire (c’est-à-dire un « ensemble de drapeaux consacrés »). À la même époque, les bataillons de cavalerie de la Garde recevaient toujours leur ancien lot de drapeaux de compagnies, même s'ils ne les utilisaient pas tous. Les régiments de la garde à pied jouissaient de la protection des colonels royaux et étaient autorisés à utiliser les couleurs d'un officier supérieur en tant que drapeaux consacrés du Souverain (un drapeau de couleur cramoisie arborant un insigne royal) et d'autres couleurs de la compagnie, à tour de rôle, en tant que drapeau consacré régimentaire (un Grand Union Flag portant un insigne royal ou national).

Les régiments qui devaient aller vite et furtivement dans leur rôle en tant que troupe de reconnaissance et d'avant-garde précédant le gros des troupes n'étaient pas autorisés à arborer des drapeaux consacrés. Au Canada, cela comprenait les régiments, tant de hussards que de voltigeurs. Si les tambours des régiments montés et des régiments de carabiniers peuvent être blasonnés d'honneurs de bataille et de distinctions honorifiques, comme ceux de tous les régiments d'infanterie, on ne doit pas les considérer comme des drapeaux consacrés. Il n'est pas permis de leur rendre hommage. En 1956, Sa Majesté la reine Élisabeth II autorisait aux régiments de hussards à arborer des guidons.

Dans le cas des régiments d'infanterie ayant un ensemble de drapeaux consacrés, les honneurs de bataille sont blasonnés seulement sur le drapeau consacré régimentaire sauf dans le cas de la garde à pied, qui blasonne les mêmes honneurs sur les deux drapeaux consacrés. L'ordonnance 338 de 1922 de l'Armée britannique permet « avec l'autorisation de Sa Majesté d’arborer les décorations sur le drapeau consacré du roi [...] y compris « dans le cas des régiments canadiens». Cela n'a toutefois pas encore été nécessaire, car à ce jour le modèle des drapeaux consacrés canadiens offre assez d'espace pour blasonner les décorations. Seul le drapeau consacré régimentaire est montré dans les tableaux des régiments d'infanterie.

Les drapeaux consacrés portent des insignes qui définissent le régiment auquel ils appartiennent, la Couronne et la couleur des garnitures du régiment. Sur les étendards et guidons des régiments de blindés, les insignes distinctifs sont placés au centre et – sous forme de titre ou d'insigne – dans les deuxième et troisième quartiers (coins du drapeau). Sur les drapeaux consacrés des régiments d'infanterie, ils sont placés au centre et, dans de rares cas, dans les quatre coins. D'autres insignes autorisés, tels que ceux décernés à titre de distinctions honorifiques et les insignes des compagnies de gardes à pied peuvent aussi être blasonnés.

Outre l'insigne, le titre et les décorations d'un régiment, les drapeaux consacrés incorporent la devise approuvée et, s'il y a lieu, le numéro du bataillon en chiffres arabes. De plus, ils peuvent être différenciés pour faire reconnaître le genre et l'histoire de l'unité. Par exemple, les régiments de blindés qui ont été formés au départ en tant que cavalerie arborent le cheval blanc de Hanovre alors que les autres régiments de blindés arborent un bélier blanc. On suit de nombreuses autres politiques dans la conception des drapeaux consacrés. Les lecteurs sont invités à se reporter à la publication intitulée La structure du patrimoine des Forces canadiennes (A-AD-200-000/AG-000) où ils obtiendront de plus amples renseignements.

Le Régiment royal de l'Artillerie canadienne n'a pas de drapeau consacré, mais lorsqu'il participe à une prise d'armes avec des batteries indépendantes ou des régiments d'artillerie structurés, il est, avec ses canons, l'équivalent d'un bataillon avec ses drapeaux consacrés et le premier canon du défilé doit être salué en conséquence. L'artillerie canadienne a obtenu cet honneur en 1885.

Un drapeau consacré est devenu bien plus qu'un simple moyen de marquer un point de ralliement pour les soldats sur le champ de bataille. C'est aujourd'hui un symbole du courage, de l'histoire et des sacrifices d'un régiment. C'est le bien le plus honoré d'un régiment. Le drapeau décrit les actes héroïques des soldats du régiment et il est vénéré à titre de symbole des idéaux de la famille régimentaire et du pays.

Un bout d'étoffe mité en lambeaux sur un poteau véreux,
a peu de chances d'émouvoir
Ce qui fait vibrer, ce sont les actes accomplis,
lorsque le poteau était un mât et le bout d'étoffe, un drapeau.

Sir Edward Hamley
[Traduction libre]

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DRAPEAUX DE CAMP

Alors que les drapeaux consacrés indiquent une unité formée dans la ligne de bataille ou dans un défilé, les drapeaux de camp marquent l'emplacement de l'unité en garnison ou dans le camp. Bien qu'ils soient inspirés par la pratique britannique, les drapeaux de camp canadiens reflètent plus de liberté dans leur conception. À titre d'exemple, alors que les couleurs des parements et des insignes régimentaires sont souvent utilisés (tout comme cela se fait selon la tradition britannique), les couleurs dérivées des signes tactiques pour véhicule le sont tout autant. La seule restriction sur la conception du drapeau de camp est qu'il devrait être suffisamment différent des autres drapeaux de camp pour éviter la confusion et doit se conformer aux normes de proportion de deux unités de longueur pour chaque unité de largeur.

L'usage des couleurs de camp, actuellement appelées drapeaux de camp, dans l'armée britannique remonte au XVIIIe siècle, au moment où les premiers brevets de fournisseur de la cour en régissant l'usage ont été lancés. Jusqu'à la Première Guerre mondiale, les descriptions relatives aux couleurs de camp étaient simples et précises. Ces drapeaux étaient des pièces d'équipement de campagne purement fonctionnelles d'un régiment - peu importe le genre d'unité dont il s'agissait - qui servaient à marquer l'emplacement d'une unité sur le terrain pendant qu'elle campait. Il ne s'agissait pas de « drapeaux consacrés » au plein sens du terme, qu'on arborait au combat, mais on les appelait couleurs de camp simplement parce que les premières ordonnances en régissant l'usage exigeaient qu'elles soient de la même couleur que les garnitures du régiment. Un régiment avait au total cinq drapeaux de camp qui étaient arborés par le quartier-maître, les gardes de caserne et les arrière-gardes. À son arrivée à l'emplacement du campement désigné du régiment, le quartier-maître plaçait un drapeau central à l'endroit qui devait être occupé par le quartier général et les gardes de caserne et les arrière-gardes marquaient les coins avant et arrière du camp indiqués par le quartier-maître. Les drapeaux étaient d'un modèle simple, ce qui permettait aux troupes qui arrivaient de reconnaître de loin le campement attribué à leur unité. Ils étaient carrés pour ne pas s'affaisser indûment, ce qui aidait à les reconnaître de loin.

L'usage canadien suit en général l'usage britannique sauf que, dans les instructions canadiennes du début du XXe siècle, on ordonnait que les couleurs de camp mesurent 18 po sur 18 po (45,72 cm sur 45,72 cm), qu'elles soient de couleur bleue dans le cas de l'infanterie et de couleur rouge dans celui des voltigeurs, que le numéro du bataillon soit imprimé sur chaque drapeau en rouge [sur le bleu] et en vert [sur le rouge]. Le commandant devait avoir devant sa tente un drapeau un peu plus grand distingué par une croix transversale de couleur bleue ou rouge. Pendant la Première Guerre mondiale, certaines unités ont utilisé les couleurs de camp pour préciser l'emplacement du quartier général régimentaire sur le terrain, mais la pratique n'a pas été officialisée. Le principal moyen d'identification des formations et des unités était l'insigne de la formation, qui était plus pratique à l'époque. Dans l'ensemble, les drapeaux de bataillon types étaient fondés sur l'insigne de la formation. Ni ces drapeaux ni les insignes de la formation n'ont été utilisés après le retour au Canada, parce qu'ils étaient destinés uniquement au service outre-mer. La pratique a été continuée par certaines unités pendant la Seconde Guerre mondiale, mais l'usage de ces drapeaux n'était pas encouragé en général. Ceux-ci sont restés purement des drapeaux d'ordre utilitaire servant à indiquer l'emplacement d’un régiment dans le camp. Pendant les deux guerres mondiales, on déclarait dans les instructions qu'il ne fallait pas apporter ces drapeaux au combat ni les placer à la vue des forces ennemies.

Après la Seconde Guerre mondiale, on a commencé à utiliser le terme « drapeau de camp », mais ce drapeau avait le même but que les couleurs de camp. Les drapeaux sont devenus rectangulaires et les modèles sont devenus de plus en plus détaillés avec l'ajout du contour de l'insigne d'unité et plus récemment de l'insigne d'unité en couleurs. Récemment, ces drapeaux ont servi davantage à l'identification des unités, mais ils ont toujours été destinés à indiquer l'emplacement du quartier général des unités de campagne. Conformément à leur but, les drapeaux de camp ne sont pas arborés sur la ligne de marche (pendant les défilés) dans les Forces canadiennes.

Même si la forme rectangulaire des drapeaux de camp est réglementée, les régiments peuvent choisir diverses autres formes pour les drapeaux miniatures utilisés en tant que fanions sur les marqueurs pour le terrain de rassemblement et les véhicules.

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TERMINOLOGIE

Voici la terminologie de l'organisation qui est utilisée dans la présente publication :

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NOTES EN FIN DE TEXTE

Pour faciliter la consultation des diverses sources utilisées, les sources des notes en fin de texte sont indiquées dans la langue de communication. Les abréviations suivantes sont utilisées dans les notes en fin de texte des tableaux des lignées :

  1. AN – Archives nationales du Canada
  2. CANFOREHED – Quartier général des Forces canadiennes
  3. CAO – Ordre de l'Armée canadienne
  4. CAOF – Troupes d'occupation de l'armée canadienne
  5. CASF – L'armée active du Canada
  6. CEF – Corps expéditionnaire canadien
  7. CENCOM – Commandement central
  8. CRO – Ordres courants des Forces militaires du Canada outre-mer
  9. CTDO – Ordre de la division d'entraînement canadienne
  10. DMO – Décret ministériel d'organisation
  11. EASCOM – Commandement de l'Est
  12. GE – Groupement d'enregistrement
  13. GO – Ordre général
  14. QGDN – Quartier général de la Défense nationale
  15. MGO – Ordre général de la Milice
  16. MO – Ordre de la Milice
  17. OAFC – Ordonnances administratives des Forces canadiennes
  18. OOFC – Ordonnances d’organisation des Forces canadiennes
  19. OSFC – Ordonnances supplémentaires des Forces canadiennes
  20. PC – Conseil privé
  21. QUECOM – Commandement au Québec
  22. RHA – Rapport historique annuel
  23. RO – Ordres courants
  24. SD – Direction des services d'état-major
  25. WC – Commandement de l'Ouest

Tous les documents non publiés ont été tirés de la collection de la Direction - Histoire et patrimoine, ou des Archives nationales du Canada. Ces documents sont cités comme ayant été tirés d’une section particulière des AN. Tous les documents de la Direction – Histoire et patrimoine tirés de la collection de documents, des Kardex ou des dossiers de référence permanents sont cités à cette fin. Tout autre document provient des dossiers de la Section du patrimoine ou de la collection de la bibliothèque de la Direction - Histoire et patrimoine.

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LECTURES RECOMMANDÉES

Pour faire des recherches en profondeur sur l'histoire, les progrès et le patrimoine des Forces canadiennes, les lecteurs sont invités à visiter leur bibliothèque militaire ou civile locale ou Internet pour y consulter les ressources mentionnées ci-dessous :

  1. Baker, Anthony, Battle Honours of the British and Commonwealth Armies, (London, 1986).
  2. Bernier, Serge, Le Patrimoine militaire canadien, Tome III, 1871-2000, (Montréal, 2000).
  3. Boutell, Charles, révisé par J.P. Brooke-Little, Boutell's Heraldry, (London, 1977).
  4. Canada, Quartier général de la Défense nationale, Directeur Cérémonial (Histoire et patrimoine). Les Musiques et marches militaires des Forces canadiennes, Volume 1, Instructions sur les musiques (A-PD-202-001/FP-000), (Ottawa, 1992 - modificatif 1, 1993-09-10).
  5. Canada, Quartier général de la Défense nationale, Directeur - Histoire et patrimoine, La structure du patrimoine des Forces canadienne (A-AD-200-000/AG-000), (Ottawa, 1999, modificatif 3, 2003-01-13).
  6. Chartrand, Réné, Le Patrimoine militaire canadien, Tome I, 1000-1754, (Montréal, 1993).
  7. Chartrand, Réné, Le Patrimoine militaire canadien, Tome II, 1755-1871, (Montréal, 1995).
  8. Department of Medieval Studies at Central European University, Budapest, (http://www.ceu.hu/medstud/).
  9. Dunbar, Francis J. et Harper, Joseph H., Old Colours Never Die, A Record of Colours and Military Flags in Canada, (Oakville, 1992).
  10. Eve, George. W., Heraldry as Art: An Account of Its Development and Practice, Chiefly in England, (London: Batsford, 1907).
  11. Grosse, Francis, Military Antiquities Respecting A History of the English Army, Volume 1, (London, 1801).
  12. Harris, Stephen John, Canadian Brass, (U of T Press, 1988).
  13. Johnson, Stanley C., The Flags of our Fighting Army, Including Standards, Guidons, Colours and Drum Banners, (London, 1918).
  14. Kopstein, Jack et Pearson, Ian, The Heritage of Canadian Military Music, (St. Catharines, 2002).
  15. Morton, Desmond, Ministers and Generals - Politics and the Canadian Militia 1868-1904, (Toronto, 1970).
  16. Russell, Edward C., Coutumes et Traditions des Forces Armées Canadiennes, (Gouvernement du Canada, 1980).
  17. Stanley, George F., Nos soldats, L'Histoire militaire du Canada de 1604 à nos jours, (Montréal, 1980).
  18. Wood, Walter, The Romance of Regimental Marches, (London, 1932).

1. B-GL-300-003/FP-000 - Command / B-GL-300-003/FP-001- Le commandement.
2. Decision No. 2/Procès-verbal de la réunion du 7 janvier 1920 du Conseil de la Milice, deuxième décision.
3. Loi sur la défense nationale, PARTIE II, FORCES CANADIENNES, Constitution, paragraphe 14 - Les Forces canadiennes sont les forces armées de Sa Majesté levées par le Canada. Elles constituent un service intégré appelé « Forces armées canadiennes ».
4. L'orthographe utilisée dans les citations du présent document a été « modernisée » pour faciliter la compréhension du texte.
5. GO 97/1927.