Renseignements/information pour l'opération des Forces canadiennes (FC) CORDON

Les opérations internationale des FC ont le plus souvent fonctionné sous un mandat international. L'information internationale est présentée afin de fournir le contexte de l'opération canadienne (placée en second). Toutes les rotations liées à l'une opération canadienne particulière seront éventuellement mises en ligne.

CORDON

Information internationale

Nom de l'opération internationale: Opération des Nations Unies en Somalie I

Nom de la mission internationale: Opération des Nations Unies en Somalie I (ONUSOM I)

Mandat de l'opération: Nations Unies

Région géographique: Afrique

Lieu: Somalie

Date: 24 avril 1992 - 30 avril 1993

Mandat de la mission:

Le mandat de l'ONUSOM I, que le Conseil de sécurité avait instituée le 24 avril 1992 en adoptant la résolution 751 (1992), consistait à surveiller l’application du cessez le feu dans la capitale de la Somalie, Mogadishu, à protéger le personnel, l’équipement et les fournitures de l’ONU au port et à l’aéroport de Mogadishu, de même qu’à escorter les convois d’aide humanitaire depuis le port et l’aéroport vers les centres de distribution dans la ville et aux alentours.

Le 28 août 1992, le Conseil de sécurité a élargi le mandat de l'ONUSOM I par la résolution 775 (1992) pour lui permettre de protéger les convois d’aide humanitaire et les centres de distribution dans l’ensemble du pays.

Le 3 décembre 1992, la situation en Somalie s’étant encore détériorée, le Conseil de sécurité, par sa résolution 794 (1992), a autorisé les États membres à constituer la Force d’intervention unifiée (UNITAF) pour faire en sorte que l’aide humanitaire soit fournie dans un contexte sûr. L’UNITAF a alors agi de concert avec l'ONUSOM I afin de maintenir la sécurité dans les principales villes et d’assurer la livraison et la distribution des secours humanitaires.

Notes sur la mission ou l'opération:

L’État indépendant de Somalie est né en 1960 de la fusion de deux anciennes colonies, la Somalie italienne et le Somaliland britannique. On a alors instauré un régime démocratique, mais les clans traditionnels locaux demeuraient très puissants. Au bout du compte, le régime démocratique mis en place au moment de l’indépendance s’est effondré quand le Général Siad Barre a réussi à mener à bien un putsch en 1969.

En 1988, le mécontentement envers le gouvernement de Barre était devenu général. Le Mouvement national somalien (MNS) a alors lancé une campagne de guérilla, qui s’est soldée par un échec. Mais, l’année suivante, deux nouveaux groupes de résistance sont apparus : le Congrès somalien unifié (CSU), dirigé par Muhamad Faarah Aideed et Ali Mahdi, et le Mouvement patriotique somalien. Ces deux groupes, appuyés par les vestiges du MNS et d’autres groupes claniques, se sont progressivement emparés d’une bonne partie du pays. Barre a fini par être renversé le 27 janvier 1991 par ses nombreux opposants, qui toutefois ne coopéraient guère ensemble. Le MNS a aussitôt proclamé une république indépendante dans le Nord du pays, tandis que le CSU s’est scindé en deux factions rivales. Les affrontements avaient lieu principalement dans la capitale, Mogadishu, mais les combats entre clans rivaux se sont bientôt propagés à la majeure partie du pays.

Il en a résulté une énorme crise humanitaire, aggravée par les séquelles de trois années de sécheresse dans la région entre 1985 et 1989. Selon les estimations, un million de Somaliens s’étaient réfugiés dans les pays voisins, tandis que peut-être jusqu’à 4,5 millions de Somaliens se trouvant encore dans le pays étaient menacés par la malnutrition ou la famine. Malgré les dangers évidents, puisque la Somalie avait sombré dans la violence et l’anarchie, les Nations Unies, la Croix Rouge et d’autres organismes d’aide humanitaire non gouvernementaux ont fait le maximum pour secourir la population.

Pour sa part, le Conseil de sécurité de l’ONU avait déjà réclamé un cessez le feu et, avec l’appui de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), le Secrétaire général a autorisé dans cette optique l’envoi d’une mission. Cette mission ayant atteint l’objectif escompté à la fin de mars, le Conseil de sécurité a adopté le 24 avril 1992 la résolution 751 décrétant l’établissement d’une mission de l’ONU pour surveiller l’application de l’accord de paix en Somalie et y assurer la distribution de l’aide humanitaire. Cinquante observateurs militaires de l’ONU non armés sont arrivés sur les lieux le 5 juillet et, moins d’un mois plus tard, Aideed et Mahdi ont accepté le déploiement d’une force de sécurité de l’ONU comptant environ 500 soldats. Le Pakistan a consenti à fournir ces soldats, qui ont commencé à arriver le 14 septembre. Mais malgré le cessez le feu et l'accord d’Aideed et de Mahdi, les combats interclans se poursuivaient, non seulement à Mogadishu et aux alentours, mais aussi dans les campagnes, où des bandits fortement armés pillaient le matériel d’aide humanitaire et les approvisionnements de secours.

En réaction à ce bilan, le Conseil de sécurité de l’ONU a alors accepté de faire passer de 500 à 3 500 le nombre de militaires chargés de la sécurité et d’ajouter à l’ONUSOM 3 unités de logistique. Mais la situation se dégradait sans cesse : le pillage, devenu systématique, prenait une tournure violente; les bandits attaquaient les ports et les aéroports; les bateaux étaient bombardés; et les bandes criminelles extorquaient à la fois de l’argent et des fournitures aux organismes d’aide humanitaire pour garantir la sécurité de leurs employés. Il arrivait même que les Casques bleus à Mogadishu se fassent attaquer et voler leurs véhicules et leurs armes.

Pour remédier à ce chaos, le Conseil de sécurité a adopté le 3 décembre 1992 la résolution 794 autorisant les États membres à employer « tous les moyens nécessaires pour instaurer aussitôt que possible des conditions de sécurité pour les opérations de secours humanitaire en Somalie ». Bref, l’ONUSOM était devenue une opération relevant du chapitre VII de la Charte; toutefois, ce n’était plus la seule organisation militaire à l’œuvre dans le pays. Le 9 décembre, les premiers éléments de la Force d’intervention unifiée (UNITAF) dirigée par les États Unis sont arrivés à Mogadishu. L’UNITAF a bientôt élargi ses opérations à d’autres centres de distribution des secours pour que l’aide humanitaire puisse être fournie en toute sécurité. Même si l’ONUSOM continuait à s’occuper de l’aide humanitaire et des aspects politiques des opérations de l’ONU en Somalie, il fallait essayer de coordonner les activités des deux missions jusqu’à la fin de leur mandat respectif, soit le 30 avril pour l’ONUSOM et le 4 mai pour l’UNITAF.

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Renseignements de l'opération des FC (CORDON)

Nom: CORDON

Date: 4 septembre 1992 - 30 avril 1993

Historique de la mission:

Le bien fondé d’une participation canadienne à l’ONUSOM a fait l’objet d'importants débats à Ottawa, surtout parce que son mandat paraissait trop vague et que la situation sur le plan de la sécurité était trop fragile pour une opération censément pacifique, aux termes du chapitre VI de la Charte. Mais l’ONU ayant évoqué la possibilité d’imposer des règles plus strictes, les Forces canadiennes ont donné le 4 septembre 1992 des ordres d’avertissement suivant lesquels le Canada fournirait à l’ONUSOM le Régiment aéroporté du Canada en guise de contribution principale, avec à l'appui le NCSM Preserver et un avion Hercules. Le Canada a cependant modifié son offre le 4 décembre: le Régiment aéroporté serait affecté à l’UNITAF plutôt qu’à l’ONUSOM, à laquelle on ne prêterait que quelques officiers d’état-major. Ces derniers ont été les seuls Canadiens à participer à l'ONUSOM I.