Renseignements/information pour l'opération des Forces canadiennes (FC) REPTILE

Les opérations internationale des FC ont le plus souvent fonctionné sous un mandat international. L'information internationale est présentée afin de fournir le contexte de l'opération canadienne (placée en second). Toutes les rotations liées à l'une opération canadienne particulière seront éventuellement mises en ligne.

REPTILE
Source : Cplc Paul MacGregor, Caméra de
combat des Forces canadiennes

Le Major Allan Poston, observateur militaire
affecté à l’opération Reptile en Sierra Leone,
discute des besoins et des lacunes du camp
avec l’un des nombreux amputés qui y habitent.

Information internationale

Nom de l'opération internationale: Mission des Nations unies en Sierra Leone

Nom de la mission internationale: Mission des Nations unies en Sierra Leone (MINUSIL)

Mandat de l'opération: Nations Unies

Région géographique: Afrique

Lieu: Sierra Leone

Date: 22 octobre 1999 - 31 decembre 2005

Mandat de la mission:

La résolution 1270 (22 octobre 1999) du Conseil de sécurité a créé la MINUSIL dans le but d’aider les parties signataires de l’Accord de paix de Lomé à mettre en œuvre l’entente. Le mandat comprenait le désarmement, la démobilisation et la réinsertion des anciens guérilleros. Il prévoyait aussi des mesures de renforcement de la confiance, l’acheminement d’aide humanitaire et le soutien dans la réalisation des élections prévues. Ce mandat a été modifié par la résolution 1289 (7 février 2000) du Conseil de sécurité. La MINUSIL a en effet été élevée au statut d’opération en vertu du chapitre VII de la Charte des Nations unies, ce qui ajoutait des tâches, qui comprenaient désormais la sécurité d’édifices et de lieux gouvernementaux clés et de sites de désarmement. Le personnel des Nations unies allait aussi coordonner l’application de la loi et y contribuer. Plus important encore, le mandat autorisait la MINUSIL à protéger les civils menacés de violence physique. Le Secrétaire général a modifié une fois de plus le concept d’opérations dans son rapport S/201/228 du 14 mars 2001. Selon le paragraphe 58 du rapport : « Les principaux objectifs de la MINUSIL en Sierra Leone restent d'aider le Gouvernement sierra-léonais à étendre son contrôle, à rétablir l'ordre public et à stabiliser progressivement la situation dans tout le pays et à appuyer le processus politique qui doit aboutir à un nouveau programme de désarmement, de démobilisation et de réinsertion et à la tenue, en temps utile, d'élections libres et justes. »

Historique de la mission:

Le conflit de la Sierra Leone a commencé en mars 1991. Le Nigeria, dans le but de mettre un terme à la guerre civile qui faisait rage au Libéria, a pris pour cible le chef de la guérilla libérienne Charles Taylor. Parce que la Sierra Leone avait permis au Nigeria d’utiliser son territoire pour attaquer ses forces, Charles Taylor a armé un groupe de dissidents de la Sierra Leone, le Front révolutionnaire uni (FRU). Dès lors, celui-ci n’a pas interrompu ses attaques, malgré les changements de gouvernement et les interventions de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et des Nations unies.

Le Sierra Leone est une mosaïque culturelle de 5,3 millions d’habitants. Soixante pour cent de la population est musulmane et trente pour cent, chrétienne; le pays regroupe dix-sept groupes ethniques, dont deux constituent la plus grande part de la population. Durant la guerre civile de dix ans, plus de 70 000 personnes ont été tuées, 20 000 ont été mutilées des suites d’amputations délibérées qui avaient pour but de semer la terreur et au moins 27 000 enfants ont été enlevés pour devenir soldats. On estime que le nombre de réfugiés et de personnes déplacées à l’intérieur du pays atteignait 2,5 millions.

En novembre 1996, les Nations unies ont parrainé des négociations devant mener à un accord de paix qui a été frappé de nullité après le coup d’état militaire de mai 1997. D’autres négociations ont mené à une deuxième entente en octobre 1997 qui prévoyait le déploiement du Groupe d’observateurs militaires de la CEDEAO (ECOMOG) pour aider au maintien de la paix. En février 1998, les éléments rebelles de l’armée s’en sont pris aux forces de l’ECOMOG. Celles-ci ont répondu en renversant la dictature militaire et en redonnant le pouvoir à l’ancien président démocratique. Cela n’a cependant pas permis de mettre fin à la guerre civile, et le Conseil de sécurité a autorisé la création de la Mission d’observation des Nations unies en Sierra Leone (MONUSIL) pour aider le représentant spécial du Secrétaire général. Le personnel de la MONUSIL n’était pas armé, mais était protégé par les forces de l’ECOMOG. Les observateurs de la MONUSIL ont fait état des atrocités et des violations des droits de la personne envers les civils.

En décembre 1998, le FRU a pris le contrôle de la capitale, Freetown, mais les forces d’ECOMOG ont repris la ville en février 1999 et ont restauré le gouvernement civil. En mai 1999, le FRU a accepté de négocier et, le 7 juillet, l’Accord de paix de Lomé était conclu, mettant officiellement fin à la guerre civile. On a alors demandé aux Nations unies de contribuer au maintien de la paix.

Le 22 octobre 1999, le Conseil de sécurité a donné le feu vert à la Mission des Nations unies en Sierra Leone (MINUSIL) avec la passation de la résolution 1270, ce qui a sonné le glas de la MONUSIL. La capacité initiale autorisée de la MINUSIL s’élevait à 6 000 militaires, dont 260 observateurs militaires. Selon les termes de l’Accord de Lomé, le FRU acceptait de céder ses armes et de démobiliser ses soldats, comme allaient également le faire les forces paramilitaires gouvernementales. Les Nations unies devaient établir des lieux de rencontre pour la démobilisation où les soldats pourraient aussi recevoir une formation qui allait les aider à réintégrer la société. Les observateurs militaires non armés surveilleraient le respect de l’entente, en plus de résoudre les problèmes qui pourraient survenir, et les forces militaires des Nations unies assureraient leur sécurité. Les forces militaires de la MINUSIL contribueraient aussi à la prestation d’aide humanitaire, à la sécurité du personnel civil et militaire de la MINUSIL et au soutien des élections à venir. Les chefs de la MINUSIL devaient aussi favoriser des initiatives de renforcement de la confiance qui permettraient aux deux parties de mieux respecter l’Accord de paix de Lomé.

Les forces des Nations unies ont mis du temps à remplacer l’ECOMOG à son retrait. Le Conseil de sécurité a autorisé des effectifs de 11 100 militaires le 7 février 2000, mais cela n’a pas amené de troupes supplémentaires. En fait, le personnel militaire de la MINUSIL était concentré dans la région de Freetown, laissant au FRU le contrôle de grandes régions.

Le FRU, qui ne s’était apparemment jamais vraiment engagé envers l’accord de paix, n’a rendu que quelques armes de ses quelque 45 000 guérilleros. Au moment où les Nations unies ont tenté d’ouvrir des lieux de rassemblement pour la démobilisation sur le territoire contrôlé par le FRU, celui-ci s’y est opposé. Le 2 mai, le FRU a commencé à attaquer les forces des Nations unies et le 5 mai, plus de 500 membres du personnel de la MINUSIL avaient été pris en otage. Les Nations unies ont demandé l’aide des pays membres et l’Inde a fourni des troupes. Les casques bleus indiens ont libéré les otages, mais dès lors, l’accord de paix était évidemment caduc. En août, des soldats britanniques ont été pris en otage. Afin de les libérer, les forces britanniques ont été forcées de lancer une attaque risquée.

Un nouveau cessez-le-feu a été convenu en novembre 2000 et on a signé l’Accord de cessez-le-feu d’Abuja II le 2 mai 2001. Abuja II prévoyait entre autres le retour de l’équipement que le FRU avait pris aux Nations unies l’année précédente. L’entente a tenue, non sans quelques problèmes mineurs. Les États membres des Nations unies ont déployé plus de 17 000 militaires dans le cadre de l’opération et ont dûmenacer le FRU d’actions armées avant que celui-ci ne participe activement à la mise en œuvre de l’accord de paix.

Abuja II a été mis en œuvre avec succès. Le FRU et le gouvernement ont laissé partir les enfants-soldats, et la démobilisation et le désarmement des forces du FRU et des paramilitaires du gouvernement ont suivi leurs cours. L’autorité civile a été rétablie. Les Nations unies ont ainsi pu à réduire leur personnel militaire. Au début de 2004, on ne dénombrait plus que 11 000 militaires environ, et on prévoit d’autres réductions des effectifs au fur et à mesure que le pays regagnera en stabilité. Même si la Sierra Leone est toujours très pauvre et que la majorité de sa population est sans emploi, le climat social s'est beaucoup amélioré.

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Renseignements de l'opération des FC (REPTILE)

Nom: REPTILE

Date: 2 novembre 1996 - 31 juillet 2005

Enoncé de mission de la Force opérationnelle canadienne:

La participation canadienne à la MINUSIL a été autorisée par un ordre du 9 novembre 1999. Cinq officiers des Forces canadiennes ont été déployés en Sierra Leone en tant qu’observateurs militaires non armés ou encore pour travailler au quartier général de la MINUSIL. La situation était à ce point urgente que quatre d’entre eux sont partis avant qu’on ne donne l’ordre d’opération. La sécurité du personnel des FC était la principale préoccupation, c’est pourquoi on a permis le déploiement qu’à certains endroits désignés, qui répondaient aux critères logistiques, médicaux et sécuritaires. Cette préoccupation était tout à fait fondée, car les observateurs militaires non armés ont dûfaire face à l’intimidation du FRU, et ce, même dans les régions désignées. Les observateurs ont reçu des menaces de mort, des armes ont été pointées vers eux et des bombes ont été placées sous leurs véhicules. En mai, quatre d’entre eux sont revenus au Canada à la fin de leur affectation. Le cinquième est resté au quartier général de la MINUSIL.

À la reprise des affrontements en mai 2000, le Canada a répondu à la demande d’aide des Nations unies en envoyant un avion Airbus du 437e Escadron avec 20 militaires pour transporter les militaires indiens de New Delhi à Freetown. Cette opération a commencé à la mi-mai et s’est poursuivie pendant deux semaines. Le Canada a aussi fourni 1 700 vestes pare-éclats et 1 700 casques, car de nombreux casques bleus des pays du tiers-monde étaient déployés sans ces pièces d’équipement de protection essentielles.

L’intensification des efforts de ravitaillement des Nations unies exigeait la gestion d’énormes quantités de matériel arrivant à l’aéroport international de Lungi. Les FC ont détaché une Section mobile des mouvements aériens (SMMA) pour transporter le matériel et les bagages, le soutien de communication au sol étant assuré par le 8e Escadron de transmissions et contrôle (Air). Le 20 mai, les 37 membres de l’équipe de la SMMA ont été déployés à bord d’un avion Hercule du 436e Escadron, et leur équipement les a suivis par avion de transport commercial. C’est pendant des quarts de 12 heures et à des températures atteignant parfois 43 °C que les équipes de la SMMA ont réussi à décharger 4,7 millions de tonnes (2,4 millions de kilogrammes) d’équipement en 21 jours avant de retourner au Canada le 15 juin à bord du Hercule des FC.

Une fois la situation stabilisée, quatre observateurs militaires non armés se sont rendus en Sierra Leone à la fin juin, ce qui portait de nouveau la contribution canadienne à cinq militaires, remplacés tous les six mois. En janvier 2005, à la dixième rotation, le personnel a été réduit à trois militaires.

Au sol, les observateurs militaires canadiens ont aidé à surveiller l’étape de désarmement et de démobilisation de l’Accord d’Abuja II. Ils surveillent présentement le respect du cessez-le-feu et la prestation de l’aide humanitaire. Dans l’ensemble, environ 90 membres des FC ont été affectés à la MINUSIL.