Renseignements/information pour l'opération des Forces canadiennes (FC) TOUCAN

Les opérations internationale des FC ont le plus souvent fonctionné sous un mandat international. L'information internationale est présentée afin de fournir le contexte de l'opération canadienne (placée en second). Toutes les rotations liées à l'une opération canadienne particulière seront éventuellement mises en ligne.

TOUCAN
Description : Le Lcol Chris Colton (au centre, à gauche,
tenant les ciseaux) et le Capv Roger Girouard (au centre,
à droite, tenant le ruban) coupent le ruban pour
inaugurer officiellement le Camp Two Can Do,
contingent de la force aérienne de l’Op TOUCAN,
laquelle constitue la composante canadienne de la
Mission des Nations Unies au Timor oriental
(MINUTO). Ils sont observés par divers membres
du personnel de la 8e Escadre Trenton, qui a fourni
la principale contribution à la composante aérienne.

Information internationale

Nom de l'opération internationale: Force internationale au Timor-Oriental

Nom de la mission internationale: Force internationale au Timor-Oriental (INTERFET)

Mandat de l'opération: Nations Unies

Région géographique: Asie

Lieu: Timor-Oriental

Date: 15 septembre 1999 - 23 février 2000

Mandat de la mission:

Résolution 1264 du Conseil de sécurité des Nations Unies (le 15 septembre 1999).

Notes sur la mission ou l'opération :

Les Pays-Bas et le Portugal ont colonisé l’île de Timor au XVIIIe siècle, les Néerlandais réclamant la partie occidentale de l’île, et les Portugais, la partie orientale. Après la Seconde Guerre mondiale, la partie néerlandaise a été intégrée à l’Indonésie, dans le cadre du processus de décolonisation des Pays Bas. Le Timor portugais est demeuré une colonie jusqu’en 1975.

En avril 1974, une révolution pacifique au Portugal permettait de renverser la dictature de Marcello Caetano. Craignant une instabilité politique dans ce pays voisin, l’Indonésie s’est intéressée au Timor portugais. À la fin de 1974, l’armée indonésienne a lancé l’opération Komodo, une opération secrète visant à créer les conditions qui favoriseraient l’annexion du Timor-Oriental à l’Indonésie. Le 11 août 1975, les forces appuyées par l’Indonésie ont organisé un coup d’État et ont ravi le pouvoir à l’administration portugaise. Faisant fi des résolutions des Nations Unies à l’appui du droit à l'autodétermination des Est Timorais, l’Indonésie a annexé le Timor-Oriental comme 27e province indonésienne le 17 juillet 1976.

L’Indonésie a gouverné par la répression. Bien que des infractions aux droits de la personne aient été rapportées, la collectivité internationale en a fait peu de cas. La diaspora du Timor-Oriental a travaillé ardemment contre cet état de choses, sous la direction surtout de l’Église catholique romaine du Timor Oriental. Au pays, les forces de résistance ont beaucoup souffert de divisions dans leurs rangs dans les années 80 ainsi que du manque d’appui étranger. En avril 1998, Xanana Gusmao a rassemblé les diverses forces nationalistes et le maquis en une seule organisation, le Conseil national de la résistance timoraise (CNRT). Cette voix unifiée et une augmentation de l’attention internationale ont permis de remettre le Timor Oriental au premier plan au milieu des années 90.

En février 1997, le secrétaire général des Nations Unies, M. Kofi Annan, a désigné Jamsheed Marker, un diplomate du Pakistan, pour être son représentant personnel au Timor Oriental. La négociation d’une entente avec le gouvernement indonésien a rapidement progressé. La percée est survenue le 27 janvier 1999 lorsque le président indonésien, B.J. Habibie, a annoncé qu’il soutiendrait un référendum au Timor-Oriental. Le 5 mai, l’Indonésie, le Portugal et les Nations Unies signaient une entente qui prévoyait un échéancier pour la tenue d’un référendum en vue de l’indépendance et spécifiait que l’Indonésie serait chargée d’assurer la sécurité et de maintenir la paix. Ce dernier point était une condition à la tenue du référendum imposée préalablement par l’Indonésie. Le Conseil de sécurité a approuvé la résolution 1246 le 11 juin, créant ainsi la Mission des Nations Unies au Timor-Oriental (MINUTO) en vue de superviser le référendum.

Cependant, tout n’était pas aussi paisible qu’il paraissait. L’armée indonésienne avait armé les milices timoraises pro-indonésiennes ainsi que des volontaires civils. Cela constituait en partie une réponse aux constantes attaques de guérilla du Falintil, la branche militaire du CNRT, mais c’était aussi une façon d’intimider les Est-Timorais afin qu’ils ne votent pas ou qu’ils votent contre l’indépendance.

Le 30 août 1999, plus de 98 p. 100 des électeurs admissibles ont participé au référendum, et plus de 78 p. 100 ont voté pour l’indépendance. Les milices contre l’indépendance n’ont pas tardé à lancer une campagne systématique de destruction et de terreur. Des villages complets ont été détruits, et tous les édifices de l’enclave est-timoraise d’Oecussi (située le long de la côte nord du Timor Occidental) ont été rasés. Plus de 8 000 personnes ont été tuées et des populations entières ont été déplacées. Les milices et les autorités indonésiennes ont transporté plus de 250 000 personnes vers le Timor Occidental, dont un bon nombre contre leur gré. Les Nations Unies estiment que, sur une population de 880 000, 750 000 personnes auraient été déplacées à l’intérieur du pays ou amenées de force au Timor-Occidental. Le personnel de la MINUTO a également été ciblé, et la majorité évacuée vers Darwin (Australie).

Une mission spéciale de l’ONU envoyée au Timor-Oriental a conclu que l’Indonésie était responsable de la violence. Sous le poids de la pression internationale, le président indonésien Habibie a invité les Nations Unies le 12 septembre à envoyer une force internationale pour restaurer la paix. Réagissant rapidement à la violence, le Conseil de sécurité de l’ONU a autorisé l'un des mandats les plus incisifs sur le plan du libellé qu’il ait jamais produits. La résolution 1264 du 15 septembre créait la Force internationale au Timor-Oriental (INTERFET) en vertu du Chapitre VII, autorisant l’utilisation de toute la force nécessaire. L’INTERFET avait les trois rôles suivants : 1) restaurer la paix et la sécurité; 2) protéger et appuyer la MINUTO dans la réalisation de ses tâches; 3) aider les opérations humanitaires à la mesure de ses moyens. Même si cette opération n’en était encore qu’aux étapes de la planification, l’Australie avait accepté d’en être le principal soutien.

Les premières forces de l’INTERFET sont arrivées à Dili, la capitale du Timor-Oriental, le 20 septembre. À la fin du mois, plus de 4 000 soldats avaient été envoyés en déploiement, et leur nombre atteignait 8 200 le 1er novembre. Au début, l’INTERFET n’a été déployée que dans quelques endroits clés, mais elle a ensuite étendu ses opérations à partir de ces points. Le but consistait à établir des secteurs stables, puis à étendre la stabilité à partir de ces points jusqu’à ce qu’on l’instaure dans tout le pays.

La Force internationale a rapidement établi un environnement sûr pour les vols d’aide humanitaire. Les soldats ont réussi à se rendre dans des régions éloignées et difficiles d’accès et ont cerné les besoins humanitaires dans chacune d'elles. Dans de nombreux cas, c’est l'INTERFET qui a fourni les premiers services d’aide humanitaire pendant son déploiement, et les organismes de secours ont suivi. La Force internationale a également été la première à prendre des mesures pour reconstruire les infrastructures essentielles, notamment assurer la réfection des routes afin d’amener l’aide humanitaire par camion plutôt que par largage aérien. Les équipes médicales militaires de la Force internationale ont aussi offert des services de santé à la population avec 16 autres organisations internationales.

Un autre des rôles de l'INTERFET a été d’effectuer les arrestations et les détentions, mais ce rôle a été transféré à la police civile de l’ONU et au système judiciaire du Timor-Oriental à la mi-janvier 2000. La Force internationale a également aidé la police civile de l’ONU à restaurer l’ordre après quelques troubles à la fin de décembre et au début de janvier. Pour ce faire, elle a notamment augmenté les patrouilles à Dili et à Baucau après quelques incidents dans ces villes.

Lorsque l'INTERFET a réussi à rétablir l’ordre au Timor Oriental, les Nations Unies ont reconnu qu’on avait besoin d’une opération beaucoup plus vaste que la MINUTO pour aider le Timor-Oriental à devenir un État fonctionnel. Par conséquent, le 25 octobre, le Conseil de sécurité a approuvé un nouveau plan, créant ainsi l’Administration transitoire des Nations Unies au Timor-Oriental (ATNUTO). L'un des trois éléments de l’ATNUTO était une force de maintien de la paix. Celle-ci se révélait nécessaire parce que l’ONU estimait que plus de 1 000 militants endurcis étaient encore présents au Timor-Occidental. La transition de la Force internationale à la Force de maintien de la paix de l’ONU a commencé le 1er février et s’est terminée le 23 février. Bien qu’elle ait possédé une structure et une capacité de combat semblables, la Force de maintien de la paix avait un mandat différent. Soixante-dix pour cent des effectifs de l'INTERFET sont demeurés au Timor-Oriental et ont été intégrés à la Force de maintien de la paix de l’ONU.

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Renseignements de l'opération des FC (TOUCAN)

Nom: TOUCAN

Date: 20 septembre 1999 - 23 février 2000

Enoncé de mission de la Force opérationnelle canadienne:

Le Conseil de sécurité a autorisé (S/RES/1264) la Force internationale (INTERFET) sous une structure de commandement unifiée dirigée par l’Australie pour rétablir la paix et l’ordre au Timor-Oriental, protéger et appuyer la MINUTO dans la réalisation de ses tâches et, dans les limites de ses moyens, faciliter les opérations d’aide humanitaire.

Historique de la mission :

La contribution du Canada à l’INTERFET a débuté le 12 septembre lorsque le Premier ministre a annoncé que le Canada enverrait jusqu’à 600 militaires à l’appui de la force dirigée par l’Australie. Cette annonce a surpris les Forces canadiennes, qui ont dû se hâter pour déterminer quel genre de contribution pourrait faire le Canada. Après une réunion du Cabinet, le 14 septembre, le ministre de la Défense nationale, M. Art Eggleton, a indiqué que, même si les Forces canadiennes n’avaient que peu d’effectifs en raison d’autres engagements internationaux, elles enverraient probablement une compagnie d’infanterie de 250 militaires, deux avions de transport CC-130 Hercules et un navire de ravitaillement.

Le NCSM Protecteur a quitté Esquimalt le 23 septembre avec un hélicoptère Sea King du 443e escadron. Le navire est arrivé au Timor-Oriental à la fin d’octobre et est demeuré sur place jusqu’au 26 janvier 2000. Pendant cette période, le Protecteur a servi de base de ravitaillement flottante aux forces de la coalition à terre ainsi que de plateforme de commandement et de contrôle de secours pour le commandant de la Force interarmées du Canada. L’hélicoptère Sea King a servi à transporter le ravitaillement. Les marins à bord ont également participé à plusieurs projets humanitaires, notamment la reconstruction de plusieurs écoles.

Les deux avions de transport Hercules du 436e escadron ont quitté Trenton le 20 septembre. L'un des avions a eu des problèmes techniques répétés qui ont retardé son départ d’une semaine. Les médias se sont emparés de l’affaire en laissant entendre que les avions Hercules étaient trop vieux pour ce genre de mission. Le détachement de transport aérien tactique est arrivé à Townsville (Australie) le 21 septembre, après un vol de 28 heures à bord d'un CC 150 Polaris. Lorsque les logements ont été prêts à Darwin, les 103 membres du détachement de transport aérien tactique se sont installés dans les bâtiments de la Royal Australian Air Force à cet endroit.

Un détachement de reconnaissance est parti vers le Timor-Oriental le 25 septembre, et le détachement précurseur est arrivé deux jours plus tard. La première mission a eu lieu le 28 septembre. Partant de Darwin et Townsville, les Hercules ont volé jusqu’aux villes est-timoraises de Dili, de Baucau et de Suai. Malgré certains problèmes initiaux au cours du vol jusqu’au Timor-Oriental, les Hercules ont fonctionné sans aucun problème une fois dans le théâtre des opérations. Grâce à un calendrier de maintenance regroupant trois équipes, on a pu assurer la maintenance des avions 24 heures par jour, 7 jours par semaine. En outre, comme dans toute opération de la coalition, on pouvait compter sur un appui mutuel et l'échange de pièces et d’expertise entre les divers pays. Le 6 décembre, le détachement et les avions sont revenus au Canada. Dans le cadre de cette opération, les aéronefs avaient effectué 130 missions et transporté 2 100 passagers et plus de 1 000 tonnes de ravitaillement.

Les Forces aériennes ont aussi contribué par des vols de ravitaillement mensuels supplémentaires effectués par un CC-150 Polaris. On a ainsi transporté des pièces, du courrier et d’autre matériel dont le contingent canadien avait besoin. Le personnel de génie construction et les soldats du Royal 22e Régiment ont tous voyagé par ces vols.

Comme un très grand nombre de bâtiments avaient été détruits au Timor Oriental, il importait d’avoir sur place une équipe de construction pour bâtir des installations destinées aux Canadiens sur les lieux. On a créé un escadron des travaux et de la conception en rassemblant des éléments de la 1re unité de soutien du génie, de la troupe de construction navale (Pacifique) (TCN [Pacifique]) appuyée par du personnel de la TCN (Atlantique) et du Bureau de génie construction de la flotte (Halifax). L’élément de tête est parti de Darwin le 14 octobre, suivi du reste du groupe le 24 octobre. Le groupe a commencé la construction du camp canadien à Zumalai le 6 novembre et a terminé les travaux le 13 décembre. On devait finir rapidement la construction de ces installations avant le début de la saison des moussons. En raison du climat, il fallait construire un bâtiment surélevé et bien hermétique afin d’empêcher les moustiques d’entrer. Certains membres du personnel sont restés à Darwin afin de coordonner l’approvisionnement et la livraison du matériel au Timor-Oriental.

Le 3e Bataillon du Royal 22e Régiment a fourni un contingent de 250 soldats à l’opération Toucan. Ces militaires sont arrivés en Australie le 15 octobre et ont suivi un entraînement avec le 1rst Battalion, Royal New Zealand Regiment, auquel ils devaient être rattachés. Ils ont débarqué près de la ville de Suai le 28 octobre, où ils avaient été amenés par le navire d’assaut australien HMAS Tobruk. Le rôle principal des soldats consistait à patrouiller le vaste territoire entre Ainaro, à l’est, et Suai, à l’ouest.

En plus de leurs patrouilles régulières, les soldats du Royal 22e Régiment ont aussi effectué des réparations à l’école et à l’hôpital de Zumalai, ont distribué des installations sanitaires de base, des vêtements et des conteneurs, et ont enseigné un peu d’anglais. Lorsque le personnel de l'INTERFET a été transféré à l’ATNUTO, les soldats du 22e Régiment ont été les seuls Canadiens affectés à l’INTERFET à effectuer la transition, les autres unités étant déjà parties.