Renseignements/information pour l'opération des Forces canadiennes (FC) HALO

Les opérations internationale des FC ont le plus souvent fonctionné sous un mandat international. L'information internationale est présentée afin de fournir le contexte de l'opération canadienne (placée en second). Toutes les rotations liées à l'une opération canadienne particulière seront éventuellement mises en ligne.

HALO
Pendant une patrouille à pied dans la ville de
Port-au-Prince, en Haïti, dans le cadre de
l'opération Halo, les soldats du 2e
Bataillon, The Royal Canadian Regiment
(2RCR) marchent dans les rues jonchées
d'ordures. L'opération Halo est l'engagement
des Forces canadiennes à l'égard de la Force
multinationale intérimaire mandatée par les
Nations Unies. Cette force a pour mission de
contribuer à rétablir la stabilité en Haïti.

Information internationale

Nom de l'opération internationale: Force intérimaire multinationale (FIM)

Nom de la mission internationale: Force intérimaire multinationale (FIM)

Mandat de l'opération: Nations Unies

Région géographique: Amérique centrale

Lieu: Haïti

Date: 29 février 2004 - 31 juillet 2004

Mandat de la mission:

Contribuer à assurer un climat sûr et stable en Haïti, faciliter la distribution des secours humanitaires, aider la police et la garde côtière haïtiennes et coordonner leurs efforts avec ceux de la mission spéciale de l’Organisation des États américains (OEA) pour éviter une aggravation de la situation sur le plan humanitaire..

Notes sur la mission ou l'opération:

Pendant 10 ans, les Nations Unies et l’OEA, avec l’appui de forces militaires internationales, ont aidé à restaurer le gouvernement constitutionnel et à rebâtir les institutions à Haïti. En mars 2000, la transition d’une mission de maintien de la paix à une mission de soutien de la paix de l’ONU s’est avérée un succès quand les dernières troupes multinationales ont quitté le pays après avoir transmis les responsabilités à la Mission civile internationale d'appui en Haïti.

Pourtant, avant même l’expiration du mandat de la dernière mission de maintien de la paix, le régime Préval avait sombré dans l’anarchie. Le Parlement, divisé en factions politiques, était incapable d’approuver les budgets gouvernementaux ou d’autoriser la distribution de l’aide étrangère. En mars 1999, le président Préval a institué par décret un nouveau gouvernement, en confiant le poste de premier ministre au ministre de l’Éducation, Jacques Édouard Alexis.

Sous les pressions d’une nouvelle coalition d’opposants appelée Groupe de consultation démocratique (ESPACE), le gouvernement a alors mis sur pied un conseil électoral provisoire de neuf membres chargé d’organiser les élections municipales et législatives depuis longtemps prévues, avant la fin de 1999. Après une série de retards, le premier tour des élections a eu lieu le 21 mai 2000; puis, confronté aux opposants qui protestaient contre de prétendues fraudes électorales, le gouvernement a convoqué le nouveau parlement le 28 août.

Malgré les protestations étrangères quant à la validité des élections de mai, le nouveau parlement est allé de l’avant en décrétant la tenue d’un scrutin pour l’élection du président et de neuf sénateurs le 26 novembre. Concurremment, la plupart des partis d’opposition se sont regroupés au sein d’une alliance baptisée Convergence démocratique. Ce nouveau parti, qui continuait à prétendre que les élections de mai avaient été frauduleuses, a cependant boycotté les élections parlementaires de novembre.

Vu le boycott de tous les principaux partis d’opposition, la participation au scrutin de novembre a été évaluée à seulement 5 p. 100 de l’électorat. Grâce à ce taux de votants ridiculement bas, Jean-Bertrand Aristide a remporté facilement la victoire, pour être ensuite assermenté président le 7 février 2001.

Les opposants politiques contestaient sans relâche l’accession à la présidence d’Aristide, refusant de reconnaître sa légitimité. Ils ont aussi boycotté les élections législatives prévues pour la fin de 2003, qui ont donc été un échec. En janvier 2004, à la fin de la période de législature, l’assemblée a été dissoute, laissant le présent Aristide gouverner par décrets un pays extrêmement divisé.

Au début de février 2004, des bandes rebelles armées jusqu’aux dents se sont mises à attaquer les policiers et les partisans du président Aristide dans diverses villes du pays. À la fin du mois, les rebelles contrôlaient près de la moitié du territoire et la plupart des grandes villes, sauf Port au Prince, capitale et métropole d'Haïti. Les États-Unis et la France tentèrent alors d’intervenir dans la crise qui s’aggravait en proposant un partage du pouvoir entre Aristide et les partis d’opposition. Mais pendant que cette proposition était examinée, les bandes rebelles avançaient vers Port au Prince, si bien que le 29 février, Aristide a résigné ses fonctions et s’est envolé pour la République centrafricaine.

Également au début de février 2004, à la demande du ministère des Affaires étrangères, le MDN a entrepris de planifier une opération pour aider ce ministère à évacuer d'Haïti les ressortissants canadiens et les autres étrangers. Cette opération, appelée Principal, a mobilisé quatre appareils CC130 Hercules de la 8e Escadre Trenton et plus de 100 membres des FC, qui ont procédé à l’évacuation de plus de 350 personnes et distribué des secours de la Croix Rouge.

Après le départ d’Aristide, le juge en chef de la cour suprême, Boniface Alexandre, a été assermenté à titre de président intérimaire. Le nouveau président s’est empressé de réclamer d’urgence un soutien de la communauté internationale pour aider à rétablir la paix et la sécurité et pour permettre la poursuite du processus politique et constitutionnel en cours.

Par la suite, le 29 février 2004, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté la résolution 1529 (2004) prévoyant la mise sur pied, pour une période de trois mois, de la Force multinationale intérimaire des Nations Unies (FMI). Celle-ci avait pour mandat d’instaurer un climat sûr et stable à Haïti, de faciliter la distribution des secours humanitaires, d’aider la police et la garde côtière haïtiennes et de coordonner leurs efforts avec ceux de la mission spéciale de l’OEA pour éviter une nouvelle dégradation de la situation sur le plan humanitaire. Son mandat relevant du Chapitre VII de la Charte de l’ONU, la FMI était autorisée à employer « tous les moyens nécessaires » pour s’acquitter de sa mission.

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Renseignements de l'opération des FC (HALO)

Nom: HALO

Date: 1 mars 2004 - 31 juillet 2004

Nom de la Force opérationnelle canadienne: Force opérationnelle Haïti

Abréviation de la Force opérationnelle canadienne: FOH

Historique de la mission:

Le Canada a fourni pour cette mission la Force opérationnelle Haïti (FOH), dans le cadre de l'opération Halo. Au début de mars, une équipe d’activation dans le théâtre (EAT) sous le commandement du Lcol M.R. Voith a été envoyée à Haïti pour préparer l’arrivée du reste des effectifs.

À la fin de mars, le Canada a déployé à Haïti le gros des troupes de la FOH, commandée par le Lcol J.P. Davis. La Force opérationnelle comprenait un groupe compagnie unique issu du 2e Bataillon, The Royal Canadian Regiment (2 RCR), basé à Gagetown, au Nouveau Brunswick, six hélicoptères CH146 Griffon du 430e Escadron tactique d’hélicoptères de Valcartier, au Québec, un élément de commandement national la reliant au Chef d’état major de la Défense, à Ottawa, ainsi qu’un élément de soutien national chargé d’assurer un soutien administratif et logistique centralisé, soit environ 500 membres au total.

Au départ, en plus de remplir le mandat de l’ONU, le contingent affecté à l’opération Halo, prévue pour une période de 90 jours, devait établir les conditions requises pour assurer une transition réussie de la FMI aux troupes internationales qui prendraient la relève. À la fin de mai 2004, le mandat assigné à l’opération Halo a été prolongé de 60 jours au terme de la période initiale de 90 jours, pour permettre à la FOH de faciliter le passage à la Force multinationale intérimaire à la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH). On a mis fin officiellement à la FOH et à l’opération Halo le 31 juillet 2004 et, deux jours plus tard, le premier contingent du gros des troupes a été ramené à Fredericton, au Nouveau-Brunswick.