Renseignements/information pour l'opération des Forces canadiennes (FC) Mission des Nations Unies en Haïti - MINUHA

Les opérations internationale des FC ont le plus souvent fonctionné sous un mandat international. L'information internationale est présentée afin de fournir le contexte de l'opération canadienne (placée en second). Toutes les rotations liées à l'une opération canadienne particulière seront éventuellement mises en ligne.

PIVOT
Description : Militaires (4 RAG) en Haïti durant
l’Op PIVOT.

Information internationale

Nom de l'opération internationale: Mission des Nations Unies en Haïti

Nom de la mission internationale: Mission des Nations Unies en Haïti (MINUHA)

Organisme responsable: Nations Unies
Résolution 867 du Conseil de sécurité des Nations Unies, adoptée le 23 septembre 1993
Chapitre VII de la résolution 940 du Conseil de sécurité des Nations Unies adoptée le 31 juillet 1994

Région géographique: Amérique centrale

Lieu: Haïti

Date: 1 septembre 1993 - 1 juin 1996

Opérations canadiennes:

Op CAULDRON octobre 1993
Op PIVOT mars 1995 to avril 1996
Op STANDARD avril 1996 to septembre 1996

Mandat:

En septembre 1993, la mission avait pour mandat d’aider Haïti à moderniser ses forces armées et à créer un nouveau service de police. Mais, après le blocus naval et l’adoption de la résolution 940 par le Conseil de sécurité des Nations Unies le 31 juillet 1994, le mandat de la MINUHA a été élargi pour englober les tâches suivantes : aider le gouvernement haïtien légitime à maintenir la stabilité et la sécurité du pays qu'on avait réussi à établir pendant la phase multinationale; professionnaliser les forces armées haïtiennes et mettre en place un service de police indépendant; et soutenir les autorités constitutionnelles haïtiennes dans la création d’un climat favorable à l’organisation d’élections libres et équitables. La MINUHA et l’Organisation des États américains (OEA) ont coopéré à l'apport du soutien technique nécessaire aux autorités électorales haïtiennes. Plus tard, le Conseil de sécurité a augmenté l’effectif maximum autorisé de la MINUHA à 6 000 soldats et 900 policiers civils.

Notes de mission:

En décembre 1992, le secrétaire général a fait de M. Dante Caputo d’Argentine son Envoyé spécial en Haïti pour chercher une solution pacifique à la crise qui avait mené au coup d’État contre le président et au décret d’embargos sur le pétrole et les armes à cause des pratiques du régime militaire. Après la signature de l’Accord de l’Île des Gouverneurs et du Pacte de New York, les sanctions imposées en juin 1993 ont été levées. Le 23 septembre, le Conseil de sécurité a autorisé la création et le déploiement immédiat de la Mission des Nations Unies en Haïti (MINUHA) pour une durée de six mois.


Opération CAULDRON

La MINUHA comptait 567 contrôleurs de la police civile et une unité de génie construction militaire de 700 personnes, dont 60 instructeurs militaires. La participation du Canada à la MINUHA a été baptisée opération Cauldron. Composée principalement d’un contingent du génie, la contribution canadienne à la force multinationale de l’ONU devait aider à restaurer l’infrastructure haïtienne. Une équipe avancée de la MINUHA, qui comprenait le détachement précurseur de l’opération Cauldron et qui était formée de 53 militaires et de 51 policiers, a été rapidement déployée à Port-au-Prince.

Cependant, lorsque le USS Harlan County, avec 220 militaires onusiens à bord, est arrivé à la capitale haïtienne le 11 octobre 1993, des civils armés (« attachés ») ont empêché le navire d’accoster. Incapable d’accomplir son mandat, le personnel de l’opération Cauldron a été rappelé.

Devant le refus du régime militaire haïtien d’appliquer l’Accord de l’Île des Gouverneurs, le Conseil de sécurité a réimposé ses embargos sur le pétrole et les armes à Haïti en octobre 1993. Dans le cadre de l’opération internationale Forward Action, des navires de guerre de plusieurs pays ont veillé au respect des embargos. La participation canadienne à cette opération portait le même nom (Forward Action).

En mai 1994, le Conseil de sécurité a voté l’imposition sur Haïti d’une série de sanctions plus complètes. Le 31 juillet 1994, il a adopté la résolution 940, qui, en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, autorisait les États membres à constituer une force multinationale placée sous un commandement unifié et à utiliser « tous les moyens nécessaires » pour mettre fin au régime illégal en Haïti et faciliter le retour du président légitime.

Cependant, la situation politique continuait de se détériorer, et, en septembre 1994, de concert avec les forces militaires étasuniennes, les Forces canadiennes (FC) ont élaboré un plan de contingence pour évacuer rapidement les ressortissants des deux pays. Les FC ont déployé un groupe opérationnel composé des NCSM Preserver, Fraser et Gatineau et ont placé en alerte le 1er Commando du Régiment aéroporté du Canada pour se déployer en Haïti. Sous le nom opération Dialogue, le groupe opérationnel canadien est resté en « exercice » à l’extérieur des eaux territoriales haïtiennes, prêt à intervenir pour évacuer les ressortissants canadiens en cas de besoin.

Le 19 septembre 1994, les premiers éléments de la force multinationale de 28 états sont arrivés en Haïti sans rencontrer d’opposition. Entre autres opérations, la FMN a procédé à la recherche et à la saisie de caches d'armes pour protéger la sécurité publique. Le 15 octobre 1994, après le départ des responsables du coup d’État haïtiens, le président Aristide est retourné en Haïti pour reprendre ses fonctions après trois ans d’exil.

La résolution 940 (1994) a également élargi le mandat de la MINUHA pour englober les tâches suivantes : aider le gouvernement haïtien légitime à maintenir la stabilité et la sécurité établies pendant la phase multinationale; professionnaliser les forces armées haïtiennes et mettre en place un service de police indépendant; et aider les autorités constitutionnelles haïtiennes à créer un climat favorable à l’organisation d’élections libres et équitables. La MINUHA et l’OEA ont coopéré à l’apport du soutien technique nécessaire aux autorités électorales haïtiennes. Plus tard, le Conseil de sécurité a augmenté l’effectif maximum autorisé de la MINUHA à 6 000 soldats et 900 policiers civils.

Le 30 janvier 1995, le Conseil de sécurité a indiqué qu’Haïti était redevenu un pays stable et sûr, favorable au déploiement de la MINUHA. Cette dernière a donc pris la relève de la FMN le 31 mars 1995.


Opération PIVOT

Les Canadiens ont rejoint les autres soldats de la MINUHA (appelée parfois MINUHA II) en mars 1995 lorsqu’environ 500 membres des Forces canadiennes ont été déployées en Haïti sous le nom de Contingent canadien de la Mission d’appui des Nations Unies en Haïti (CCMINUH) ou opération Pivot. Le contingent comptait du personnel de soutien de l’aviation, du génie, du transport et de l’administration venu de tous les coins du pays, principalement d’un mélange des unités et formations du Commandement aérien. Il devait assurer à toutes les opérations de la MINUHA un soutien logistique et une aide à la construction.


Opération STANDARD

STANDARD
Opération STANDARD (Haïti). Des Haïtiens regardent un
véhicule blindé Bison et un hélicoptère Twin Huey
stationnés sur la rive d’un lac.
La contribution canadienne à la MINUHA avait duré jusqu’en mars 1996, car le mandat de la mission a été allongé une dernière fois de quatre mois. La plupart du personnel de l’Aviation canadienne a été remplacé durant cette période par 750 membres du personnel au sol, désignés alors par le nouveau nom de Contingent canadien en Haïti (CCEH) ou opération Standard. Les militaires étaient issus des unités installées aux bases des Forces canadiennes Valcartier, Gagetown et Edmonton. Parmi eux figuraient des éléments de reconnaissance d’un bataillon d’infanterie (le 1er Bataillon du Royal 22e Régiment) pour les patrouilles et d’autres opérations; un escadron du génie (le 4e Régiment d’appui du génie) pour diverses tâches de soutien; un escadron d’hélicoptères utilitaires de transport tactique (le 408e Escadron tactique d’hélicoptères) à bord d’hélicoptères CH-135 Twin Huey pour le transport, la reconnaissance et l’évacuation; un groupe logistique du contingent (le 5e Bataillon des services du Canada); un peloton de la police militaire pour protéger et soutenir le contingent; un peloton de transport pour les mouvements au sol; une équipe de soutien du renseignement militaire pour diffuser l’information parmi la population civile; et quelque trois douzaines d'officiers d'état-major pour servir à différents postes du quartier général de la MINUHA. Le Brigadier-général Pierre Daigle a été Commandant de la Force de la MINUHA de mars à juin 1996.

En juin 1996, la situation en Haïti s’était stabilisée et un nouveau président était élu. La MINUHA avait commencé ses opérations en 1994 avec plus de 6 000 soldats onusiens. Vers le milieu de 1996, elle n’avait plus que 1 200 soldats et 300 policiers civils. Elle s’est achevée à la fin juin et une nouvelle mission, la Mission d’appui des Nations Unies en Haïti, a commencé en juillet 1996.