Renseignements/information pour l'opération des Forces canadiennes (FC) GLADIUS

Les opérations internationale des FC ont le plus souvent fonctionné sous un mandat international. L'information internationale est présentée afin de fournir le contexte de l'opération canadienne (placée en second). Toutes les rotations liées à l'une opération canadienne particulière seront éventuellement mises en ligne.

GLADIUS
Le 24 mars 2006
Camp Ziouani, plateau du Golan, zone de la mission de la
Force des Nations Unies chargée d'observer le
désengagement (FNUOD)

Le Lieutenant-colonel (Lcol) Sylvain Mongeon mène
les troupes canadiennes à l'extérieur du terrain de parade
au camp Ziouani, après la cérémonie de passation des
pouvoirs de commandement. Les forces indiennes
remplacent les Forces canadiennes sur le plateau du
Golan.

L'opération Danaca a été partie intégrante de la Force
des Nations Unies chargée d'observer le désengagement
(FNUOD) à partir de sa création en 1974. Plus de 12 000
membres des Forces canadiennes ont été affectés à la
mission sur le plateau du Golan en plus de 32 ans.

Photo : Adjudant Gerry Pilote, Caméra de combat des
Forces canadiennes

Information internationale

Nom de l'opération internationale: Force des Nations Unies chargée d'observer le désengagement (FNUOD)

Nom de la mission internationale: Force des Nations Unies chargée d'observer le désengagement (FNUOD)

Organisme responsable: Conseil de sécurité des Nations Unies, résolution 350 (31 mai 1974)

Région géographique: Moyen-Orient

Lieu: Syrie

Date: 31 mai 1974 - en cours

Opérations canadiennes:

Opération DANACA Du 3 juin 1974 au 24 mars 2006
Opération GLADIUS Depuis le 24 mars 2006

Mandat:

La Force des Nations Unies chargée d'observer le désengagement (FNUOD) a été créée par la résolution 350 (1974) du Conseil de sécurité, adoptée le 31 mai 1974, pour assurer le maintien du cessez-le-feu entre Israël et la Syrie, superviser le désengagement des forces israéliennes et syriennes, ainsi que surveiller la zone de séparation et la zone de limitation, aux termes de l’Accord de désengagement.

Notes sur la mission:

Le 6 octobre 1973, la guerre du Kippour a éclaté lorsque l’Égypte et la Syrie, appuyées par des troupes d’autres pays arabes, ont lancé une offensive coordonnée contre Israël. Après des revers initiaux, Israël a été en mesure de reprendre le terrain perdu. Le long de la frontière syrienne, Israël a repris le plateau du Golan et s’est emparé de nouveaux territoires syriens en plus de ceux qui avaient été conquis pendant la Guerre des Six Jours en 1967. Pendant tout le conflit, l’activité diplomatique était intense, compte tenu de la possibilité d’une épreuve de force entre les États-Unis et l’Union soviétique. Un cessez-le-feu a été accepté par Israël et la Syrie. Il a pris effet, sur ce front, le 22 octobre (et le 26 octobre sur le front égyptien).

En réaction au cessez-le-feu, les Nations Unies ont établi des postes temporaires pour accueillir les observateurs militaires de l’Organisme des Nations Unies chargé de la surveillance de la trêve (ONUST). Les tensions restaient vives et le cessez-le-feu était continuellement violé. Ces violations impliquaient des tirs d’artillerie, de blindés, de mortiers, de roquettes et d’armes automatiques. Chaque fois, les observateurs de l’ONUST sont parvenus à rétablir le cessez-le-feu. Le secrétaire d’État américain, Henry Kissinger, a réussi à négocier un Accord de désengagement entre Israël et la Syrie, qui a été signé le 31 mai 1974.

Le secrétaire général des Nations Unies, Kurt Waldheim, avait été tenu informé des progrès des pourparlers qui se déroulaient à Genève. Le 30 mai, il a remis au Conseil de sécurité le texte de l’Accord et de son Protocole, qui demandait la création d’une force des Nations Unies pour superviser la mise en œuvre de l’Accord. Le 31 mai, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 350, qui prévoyait la création de la Force des Nations Unies chargée d'observer le désengagement (FNUOD).

La FNUOD a reçu un mandat initial de six mois, conditionnel à l’approbation du Conseil de sécurité, d’Israël et de la Syrie. Son rôle consistait à superviser le désengagement des forces israéliennes et syriennes, à maintenir le cessez-le-feu et à superviser le respect de l’Accord et du Protocole en ce qui concerne les zones de limitation et de séparation. Le personnel de la FNUOD devait se conformer aux lois et règlements de la Syrie et éviter de nuire aux autorités civiles syriennes locales. Le personnel de la FNUOD devait jouir de la liberté de déplacement et de communication et n’était autorisé à porter que les armes à feu nécessaires à sa légitime défense.

L’Accord mettait en place une zone de séparation et une zone de limitation. La première est une zone démilitarisée sous le contrôle de la FNUOD. Elle fait environ 80 km de longueur. Elle est large de 1 km au sud et de 8 km au nord. La seconde est une zone de territoire israélien ou syrien dans laquelle le nombre et le type de membres du personnel et de pièces d'équipement militaire sont limités. L’Accord permet également aux civils syriens de rentrer dans leurs foyers situés dans la zone de séparation.

Les premiers membres du personnel de la FNUOD ont commencé à arriver sur place le 3 juin 1974. Il s’agissait des bataillons d’infanterie autrichiens et péruviens de la Force d'urgence des Nations Unies II (FUNU II), qui avait été mise en place dans le Sinaï pour y superviser le cessez-le-feu. Ils ont été suivis le lendemain par des éléments issus des groupes de soutien logistique canadiens et polonais de la FUNU II. Au 16 juin, l’effectif de la FNUOD comptait 1 218 personnes.

Une fois en place, les observateurs de la FNUOD se sont immédiatement employés à surveiller le désengagement des deux forces, qui est survenu entre le 14 et le 27 juin. Du 25 au 27 juin, 500 soldats syriens ont procédé au déminage de la zone de séparation, opération qui a reçu l’autorisation obligatoire d’Israël. Malheureusement, quatre soldats autrichiens ont été tués le 25 juin, lorsque leur véhicule a explosé en passant sur une mine terrestre. Une fois ces opérations complétées, la FNUOD a entrepris la délimitation et le jalonnement des limites de la zone de séparation. Ces tâches ont été achevées en juillet 1974. Des postes de contrôle de la circulation et d’observation ont été mis en place, ainsi que deux camps de base, soit un de chaque côté de la zone de séparation.

Pour s’acquitter de son mandat, la FNUOD compte sur les postes d’observation ainsi que sur les patrouilles à pied et motorisées. En dépit d’opérations périodiques de déminage, la menace posée par les mines reste élevée. Par conséquent, les patrouilles de la FNUOD n’empruntent que des sentiers et des routes désignées. Tous les 15 jours, les forces militaires des deux côtés font l’objet d’inspections dans la zone de limitation.

La FNUOD a également participé à des opérations humanitaires. De temps en temps, la FNUOD a organisé le transfert de prisonniers de guerre et de dépouilles de combattants entre Israël et la Syrie. De 1976 à 1982, la FNUOD a supervisé la réunion périodique des familles druses qui avaient été séparées par la frontière traversant la zone de séparation. Ces réunions avaient lieu dans le village de Majdel Chams, situé à l’intérieur de la zone de séparation.

Un certain nombre d’incidents graves ayant causé des pertes de vies civiles sont survenus dans la zone de séparation en raison des mines qu’y avaient posées les militaires syriens, mais la FNUOD a réussi à régler ces problèmes le long de la frontière entre Israël et la Syrie. Les deux parties ont parfois imposé aux opérations de la FNUOD certaines restrictions, qui n'ont toutefois pas vraiment compromis l’efficacité de la FNUOD.

Depuis, le mandat de la FNUOD a été renouvelé tous les six mois. Cependant, depuis le déploiement, la composition et les effectifs de la FNUOD ont fait l’objet de quelques modifications. En juillet 1975, le contingent péruvien a été retiré, puis remplacé par un contingent iranien. À leur tour, les Iraniens se sont retirés pour être remplacés par un contingent finlandais en mars 1979. En décembre 1993, le contingent polonais de soutien logistique et le bataillon d’infanterie finlandais ont été retirés. Un bataillon d’infanterie polonais a remplacé les Finlandais et le contingent de soutien logistique canadien a été renforcé. Un peloton de transport du Japon s’est joint à la FNUOD en février 1996, tandis que les soldats slovaques étaient progressivement intégrés au bataillon autrichien à la fin des années 1990. Des observateurs de l’ONUST sont également attachés à la FNUOD.

L’effectif de la FNUOD a été réduit de 15 p. 100 dans toutes les unités en 1992 et, en mars 1996, il comptait 1 054 observateurs, soit 463 Autrichiens, 358 Polonais, 188 Canadiens et 45 Japonais. En 1999, le contingent autrichien a été réduit à 393 observateurs, mais cette diminution a été compensée par la venue de 70 observateurs slovaques. L’infanterie népalaise participe également à la FNUOD. De plus, 4 observateurs de l’ONUST sont attachés à la FNUOD et 85 autres leur prêtent leur concours, mais ils sont attachés au Groupe d’observateurs du Golan de l’ONUST.

Le début de la contribution canadienne à la FNUOD remonte au 3 juin 1974, lorsqu’un convoi de 40 véhicules a quitté le Sinaï pour traverser Israël en direction du plateau du Golan. Les Canadiens se sont installés dans un camp situé près de la ville de Kuneitra, au cœur de la zone de séparation. Il s’agissait d’un ancien camp militaire syrien qui, auparavant, dans les années 20, avait été utilisé par la Légion étrangère française. Ils ont d'abord baptisé leur nouveau chez-soi « Camp Roofless » (sans toit), notamment parce que tous les bâtiments à l'exception d'un seul avaient perdu leur toit pendant les guerres de 1967 et 1973. Le Camp Ziouani, nom officiel adopté par la suite, a dû être nettoyé de toutes les munitions non explosées qui s’y trouvaient encore avant de pouvoir être utilisé.

À l’origine, le continent canadien était une compagnie détachée du 73e Bataillon des services de la FUNU. Par conséquent, le contingent canadien portait le même nom d’opération que le contingent canadien de la FUNU, soit opération Danaca. Sur les plans technique et administratif, le détachement de la FNUOD relevait d’une unité de la FUNU. Le 8 juin 1977, le détachement canadien de la FNUOD a acquis son indépendance technique et opérationnelle en devenant la Compagnie canadienne composite de logistique (CANLOG), qui relevait du quartier général de la FNUOD. La responsabilité administrative des questions purement canadiennes a continué d'être assumée par l’unité administrative du contingent canadien, à Ismailia, jusqu’à la dissolution de la FUNU en 1979. Par la suite, la CANLOG a relevé du commandant du contingent canadien au sein de la FNUOD et elle a conservé le nom d’opération Danaca.

En collaboration avec le contingent de soutien logistique polonais (POLLOG), les Canadiens ont fourni un soutien logistique à la FNUOD. Les bataillons d’infanterie de la FNUOD sont chargés des réparations mineures sur leurs véhicules et leur équipement (maintenance de première ligne). Bien que faisant partie de la FNUOD, le POLLOG assurait la maintenance de deuxième ligne de l’équipement d’origine soviétique, alors que la CANLOG faisait de même pour l’équipement venant des pays de l’Ouest. Lorsque le POLLOG s’est retiré, le Canada a pris en charge toutes les fonctions de maintenance de deuxième ligne.

Le contingent canadien est responsable des réquisitions, de l’entreposage et de la distribution de tous les articles fournis par l’ONU, de l’ameublement et de l’équipement de bureau, des matériaux de construction et des vêtements fournis par l’ONU. Il s'occupe notamment de l’achat des rations destinées aux contingents de la FNUOD et de leur distribution à ceux-ci.

Le Canada fournit également le personnel (unité des transmissions) et les installations de communications aux divers détachements de la FNUOD. En plus d’assurer les communications radio, les 28 membres du personnel gèrent le système téléphonique de la FNUOD. Pour le contingent canadien, l'unité des transmissions est responsable des communications avec le Canada, ainsi que des services de courrier électronique. Seize des membres du personnel canadien servent au quartier général de la FNUOD, principalement dans la section de logistique.

À l’origine, le Canada assurait le service de transport de deuxième échelon en Israël. La Pologne fournissait le même service en Syrie. Comme la Pologne ne reconnaissait pas l’État d’Israël à cette époque, le personnel du POLLOG n’avait pas le droit d’y entrer. Au retrait du POLLOG, le Canada s’est chargé de toutes les fonctions de transport jusqu’à l’arrivée du contingent japonais (JAPCON), qui a pris en charge le transport et l’équipement lourd.

Le contingent canadien de la FNUOD est également responsable du soutien des militaires canadiens au service de l’ONUST. Le personnel canadien de l’ONUST se rapporte au Camp Ziouani pour les formalités d’arrivée et les séances d’information avant de se présenter au quartier général de l’ONUST et de prendre part à un déploiement opérationnel auprès de l’ONUST.

Au départ, le Canada a fourni 226 militaires à la FNUOD. Leur nombre a chuté à 186 au moment où l’effectif de la FNUOD a été réduit en 1992 et en 1993. Lors du retrait du POLLOG, l’effectif canadien a été légèrement augmenté. Les militaires participant à l’opération Danaca proviennent d’unités situées un peu partout au Canada. Les déploiements sont de six mois. La moitié de l’effectif du contingent est relevée tous les trois mois. Quatre militaires canadiens sont morts au service de la FNUOD.

L’opération Danaca a pris fin le 24 mars 2006. Le gouvernement du Canada a procédé au bilan complet de ses opérations à l’étranger et a décidé de réduire sa participation dès qu’un pays de remplacement acceptable aurait été trouvé. L’Inde a accepté de remplacer le contingent canadien de la FNUOD.

Cependant, la fin de l’opération Danaca ne signifie pas que le Canada a coupé tous ses liens avec la FNUOD. Au début, quatre officiers ont continué d’occuper des fonctions d’état-major au sein de la FNUOD. Leur nombre a été réduit à deux en juillet 2006. Les officiers restants occupent les fonctions d’assistant militaire auprès du commandant de l’ONU et de chef du personnel. Cette nouvelle opération des FC a été baptisée opération Gladius. Elle a commencé le 24 mars 2006.