Renseignements/information pour l'opération des Forces canadiennes (FC) LEAVEN

Les opérations internationale des FC ont le plus souvent fonctionné sous un mandat international. L'information internationale est présentée afin de fournir le contexte de l'opération canadienne (placée en second). Toutes les rotations liées à l'une opération canadienne particulière seront éventuellement mises en ligne.

UNEF-I
Le courrier permet de soutenir le moral des soldats
canadiens affectés à la FUNU, sur la bande de Gaza.
Le courrier provenant du Canada n’a pas son égal
pour remonter le moral des troupes qui servent
auprès de la FUNU sur la bande de Gaza. Faisant
le compte des frais d’affranchissement sur un colis
reçu à la salle des rapports du 56e Escadron des
transmissions du Canada au Camp Rafah, en Égypte,
se trouvent de gauche à droite : le caporal suppléant
Ron Bowser, qui sert depuis neuf mois au poste de
superviseur du Centre des messages du QG FUNU,
à Gaza, et le Sgt Owen Whitehead, commis-chef
au QG de l’escadron, qui doit servir encore plus
de neuf mois dans le cadre de son année
d’affectation à la FUNU.

Information internationale

Nom de l'opération internationale: Force d'urgence des Nations Unies I

Nom de la mission internationale: Force d’urgence des Nations Unies I (FUNU I)

Mandat de l'opération: Nations Unies

Région géographique: Moyen-Orient

Lieu: Sinaï

Date: 5 novembre 1956 - 17 juin 1967

Mandat de la mission :

La Force d’urgence des Nations Unies (FUNU I) a été établie pour garantir et superviser la cessation des hostilités et le retrait des forces armées françaises, israéliennes et britanniques du territoire égyptien et pour ensuite servir de tampon entre les forces égyptiennes et israéliennes.

Canadien(s) dans un poste de commandement de la mission internationale: Major-General E.L.M. Burns

Notes sur la mission ou l'opération :

L’État d’Israël a été créé le 14 mai 1948 après l’approbation par les Nations Unies du Plan de partage de la Palestine concrétisée dans la résolution 181 adoptée le 29 novembre 1947. Malgré l’immense soutien international, Israël s’est fait attaquer par ses voisins le 15 mai 1948. Les combats se sont poursuivis jusqu’en 1949, année où les Nations Unies sont intervenues pour établir un cessez-le-feu ou un armistice avec la plupart des belligérants. Ces accords n’ont cependant apporté ni paix ni stabilité au Moyen-Orient, car ils n’ont pas réglé un problème fondamental : assurer aux Palestiniens, tout comme aux Israéliens, des territoires permanents, sûrs et utilisables, d’une façon acceptable par tous dans les limites des terres réservées à cet effet. Les tensions sont demeurées élevées : certains gouvernements ont même appelé à la destruction d’Israël. Et quand, en octobre 1956, l’Égypte, la Jordanie et la Syrie ont annoncé la création d’un commandement militaire interarmées unifié pour leurs forces, le gouvernement israélien a été naturellement alarmé.

Par ailleurs, les relations de l’Égypte avec les États-Unis, le Royaume-Uni et la France se détérioraient à cause de la question de l’accès au canal de Suez. La Grande-Bretagne avait renoncé à son droit de défendre le canal et s’en était retirée en juin 1956. Peu de temps après, les États-Unis et le Royaume-Uni ont refusé d’aider l’Égypte à financer son projet du barrage d’Assouan. Par conséquent, l’Égypte a nationalisé le canal le 26 juillet et a annoncé que les frais de traversée seraient utilisés pour le financement du projet.

La Grande-Bretagne et la France ont toutes deux considéré la saisie du canal par l’Égypte comme une menace à leur sécurité nationale et une atteinte aux droits des actionnaires du canal. En août, elles ont commencé à planifier une attaque contre l’Égypte pour reprendre le contrôle du canal de Suez et, dans le cadre d'une manœuvre politique complexe, elles ont fait participer Israël à leur plan comme cobelligérant.

Israël a attaqué l’Égypte le 29 octobre. La Grande-Bretagne et la France sont ensuite intervenues le 31 octobre, sous prétexte de séparer les forces égyptiennes et israéliennes et d’assurer aux bateaux la traversée gratuite du canal en attendant de conclure un accord de paix; mais certains se sont doutés que la présence des forces britanniques et françaises se prolongerait plus que prévu. Aux Nations Unies, les États-Unis et l’Union soviétique ont immédiatement entamé des négociations pour imposer le cessez-le-feu et le retrait d’Israël. L’Assemblée générale a organisé une réunion extraordinaire le 1er novembre et a approuvé une résolution appelant à un cessez-le-feu immédiat. De crainte qu’un tel cessez-le-feu ne dure pas, Lester Pearson, secrétaire d’État aux Affaires extérieures de l’époque au Canada, a favorisé l’idée d’une intervention de l’ONU pour séparer les deux camps et aider (et inciter) les forces britanniques et françaises à se retirer. Cette idée s’est progressivement exprimée dans les résolutions 998 à 1000 de l’Assemblée générale, adoptées les 4 et 5 novembre. Ces résolutions ont établi une force d’urgence internationale sous le commandement des Nations Unies - qui allait très vite devenir la Force d’urgence des Nations Unies (FUNU). Le Major-général E.L.M. Burns, du Canada, a été nommé commandant de la Force aux termes de ces résolutions.

La FUNU avait pour mandat d’assurer un cessez-le-feu, de superviser le retrait des troupes étrangères et d’observer et patrouiller la ligne de cessez le feu. Sur le plan militaire, la FUNU devait s’interposer pour prévenir les conflits entre les forces égyptiennes et israéliennes. En dépit du soutien écrasant à l'égard de la résolution 1000 à l’Assemblée générale de l’ONU, Israël a interdit son territoire à la FUNU. L’Égypte, par contre, a permis sa présence sur son sol à condition qu’elle puisse revenir sur sa décision quand elle le voulait. Elle a insisté également sur le fait que la présence des troupes de la FUNU ne leur conférait aucune autorité sur le territoire égyptien ni sur les citoyens.

À cause de la condition imposée à la FUNU par l'Égypte - et parce qu’Israël avait refusé sa présence sur son territoire -, ce scénario ne représentait pas tout à fait les efforts conventionnels idéaux typiques des « bérets bleus ». Mais, à d’autres égards, cette situation a permis d'établir les normes pour les futures missions de ce genre. C’est la FUNU, par exemple, qui a adopté la première la coiffure militaire bleue considérée de nos jours comme le symbole universel des opérations de l’ONU. Plus important encore, l’idée d’une force armée intervenant entre deux combattants pour maintenir la paix est née là, du moins dans le contexte de l’après-guerre.

Les premières forces onusiennes qui ont débarqué venaient de l’Organisme des Nations Unies chargé de la surveillance de la trêve (ONUST), qui a provisoirement installé son quartier général au Caire, depuis lequel il se préparerait à l’arrivée des forces de la FUNU. Celles-ci sont arrivées le 12 novembre et ont été suivies, les 15 et 16, par les forces colombiennes, danoises et norvégiennes, venues en Égypte par avion. En février 1957, la FUNU avait rassemblé 6 073 militaires de 10 nations. Ce nombre a chuté à 3 378 après le retrait de la FUNU en mai 1967. L’Indonésie et la Finlande avaient accepté d’écourter leurs engagements et avaient retiré leurs forces en septembre et décembre 1957. Les Colombiens se sont retirés en décembre 1958.

La FUNU a atteint son premier objectif assez vite. Une fois le personnel requis en poste, et après une incitation du Général Burns, les Britanniques et les Français ont commencé à se retirer du canal à la mi-décembre et, au 22 décembre, ils étaient tous partis. Le retrait des forces israéliennes a été un peu plus long, mais elles aussi avaient définitivement quitté les lieux le 22 janvier, sauf dans les zones le long de Charm el-Cheikh et de la bande de Gaza, leur place ayant été occupée par les troupes de la FUNU. Dans ce dernier cas, Israël voulait s’assurer que l’Égypte ne réimposerait pas de blocus sur son accès au territoire qui longe le golfe d’Akaba une fois réoccupé, mais à la suite de négociations à l’ONU, Israël s’est retiré de Charm el-Cheikh entre le 8 et le 12 mars. Les préoccupations de l’État hébreu au sujet de la bande de Gaza s’expliquaient par le fait qu’elle avait déjà constitué un point de relais pour les intrusions des guérilléros en Israël. Mais là encore, après des négociations, les troupes israéliennes se sont retirées de la région et les forces de la FUNU y sont entrées la nuit du 6 au 7 mars.

À ce stade, la FUNU s’était déjà appliquée à déminer les champs, à restaurer les routes endommagées durant le combat, à surveiller les échanges de prisonniers de guerre et à couvrir les navires de guerre britanniques et français qui déminaient le canal de Suez lui-même. Mais la plus importante tâche consistait à s’assurer que le combat n’éclaterait pas de nouveau et, à cette fin, la FUNU a affecté des troupes à quelque 80 postes d’observation, a effectué des patrouilles mobiles et a assuré la surveillance aérienne de la frontière.

Pendant 10 ans, la FUNU a réussi à assurer la sécurité à la frontière égypto-israélienne, et le nombre d’incidents à cet endroit était faible par rapport à tous ceux qui se produisaient à la frontière d’Israël avec la Jordanie et la Syrie. Mais, en 1967, le niveau de tensions dans la région s'accroissait (le contrôle des eaux du cours supérieur du Jourdain et la montée des activités terroristes contre Israël menées à partir de bases en Syrie et en Jordanie étaient particulièrement inquiétants). Le 16 mai 1967, comme c’était son droit, le Président égyptien a ordonné à la FUNU de quitter le pays. La guerre des Six Jours a éclaté trois semaines plus tard, soit le 5 juin, et 15 membres de la FUNU (14 Indiens et un Brésilien), restés dans la bande de Gaza en attendant d’être rapatriés, ont été tués au cours des combats. À la fin de la guerre, Israël avait pris possession de toute la péninsule du Sinaï, de Gaza, de la Cisjordanie et du plateau du Golan. L’ONUST est donc retourné à la nouvelle frontière égypto-israélienne pour reprendre sa mission de contrôle.

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